Denise D’Aigle a vu évoluer l’implication bénévole au fil des années. Elle a elle-même débuté comme bénévole en 1981, mais dès que le poste de coordonnatrice à la popote roulante s’est libéré, et les gens du CABBR voyant qu’elle était une femme très impliquée, on lui a vivement suggéré de s’occuper du service.
« Évidemment, la popote roulante n’est plus la même aujourd’hui qu’elle était en 1984. C’était moins gros. Au début, les demandes étaient plutôt sporadiques et nous étions modestement situés dans le local du concierge des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame et ce sont les bénévoles qui faisaient à manger. On servait entre 15 et 20 repas par jour. Aujourd’hui, on parle plutôt de 130 à 160 repas par jour et c’est un traiteur qui fait les repas », explique-t-elle.
Organisation et volontariat
Pour assurer ce service, beaucoup de planification est demandée et… beaucoup plus de bénévoles. Justement, comment a évolué le bénévolat depuis 40 ans? « Ce que l’on constate, c’est qu’ils sont plus rares qu’avant. Le recrutement n’est pas évident. Et puis, la population a évolué, elle est vieillissante. Cela se reflète dans les bénévoles. Ceux qui s’impliquent avec nous sont précieux et nous les adorons, mais nous aimerions tout de même compter sur plus de jeunes », avoue Mme D’Aigle.
Pour elle, il est clair que la pénurie de bénévoles est ce qui a de plus flagrant. Même ceux qui sont payés pour certaines tâches sont difficiles à trouver. « Et c’est comme ça partout », fait remarquer celle qui, au fil du temps, a développé une belle complicité avec les gens impliqués au sein de la popote roulante.
Pourtant, elle ne cesse de clamer qu’il y a tellement de bénéfices à faire du bénévolat, ne serait-ce que la satisfaction d’avoir aidé son prochain, de se sentir utile. « On parle beaucoup des réseaux sociaux de nos jours. Et bien, faire du bénévolat permet de développer son réseau social. Et le bénévole est libre de venir et de partir quand il veut », rappelle celle qui a toujours eu la fibre communautaire et administrative. Aider, s’occuper l’esprit et le corps, c’est bon pour la santé mentale et physique.
À la popote roulante, la présence réconfortante des bénévoles qui vont porter les repas est aussi, sinon plus importante que les repas en tant que tels. D’où l’approche conviviale que doivent adopter les personnes impliquées dans cette cause.
Denise D’Aigle, est une femme énergique, dynamique et sait entraîner ses collègues et les bénévoles dans son sillage et elle lance un appel à ceux et celles qui désirent s’investir pour aider les gens qui ont besoin d’un coup de pouce dans la vie.