L’incendie qui a détruit en quelques heures la très belle église de l’Immaculée-Conception de Saint-Ours a causé beaucoup d’émois. Le 17 juillet dernier, la foudre a frappé et les flammes ont tout ravagé. À l’extérieur du Québec, lorsque c’est arrivé, j’ai suivi ce qui s’est passé à travers les médias régionaux et les médias sociaux. J’ai été frappé par la réaction des gens. Ceux de Saint-Ours, qui ont subi une perte véritable et qui vivent littéralement un deuil, et ceux de toute la région, touchés par l’événement. Si l’édifice n’existe plus, quelque chose d’intangible a aussi disparu.
La vitesse avec laquelle la décision de raser l’édifice quelques jours à peine après l’incendie est peut-être un indice du malaise existant. Qui a vraiment pris la décision? Pourquoi? N’y avait-il pas d’autres solutions? Pourquoi n’y a-t-il pas eu de consultations? Quelle est la responsabilité de la Fabrique, à qui appartenait toujours l’édifice? Y avait-il des assurances? Le montant ne couvrait-il que les frais de démolition? Sinon, où est allée la différence? Ces questions sont-elles pertinentes? Il semble difficile d’avoir des réponses.
Le mot « église » vient du mot grec ekklēsia qui signifie « assemblée », au sens d’assemblée de citoyens dans la Grèce antique. Actuellement, les citoyens ont bien peu à dire sur l’avenir des églises. Le rythme des fermetures d’églises s’accélère. Les décisions sont prises par les Fabriques, donc par les évêchés. La seule solution proposée par l’Église catholique, c’est que chaque communauté reprenne la possession de l’édifice. C’est un mirage. On me dira que les paroissiens n’avaient qu’à payer leur dîme, ce qu’ils ne font plus depuis longtemps. Mais cette dîme ne visait pas que l’entretien de l’édifice, elle soutenait également les activités religieuses que quittaient un peu plus chaque année les paroissiens.
Nous savons tous depuis longtemps que cette réalité nous mènerait là où nous sommes actuellement. Nous avons été aveugles et en déni. Comme si la situation se règlerait… par l’opération du Saint-Esprit.
J’étais récemment à Sainte-Victoire, pour le concert proposé par la Maison de la musique et le maire, Michel Aucoin, nous a invités à visiter l’église, récemment achetée par la municipalité et aménagée en salle multifonctionnelle. Un bijou, un succès pour cette municipalité et pour toute la communauté de Sainte-Victoire. Un bel exemple de réappropriation. Si ce succès ne compense pas la perte de l’église de Saint-Ours, il nous permet de garder l’espoir de conserver au moins une partie de notre patrimoine religieux.
Plusieurs églises de la région sont en situation difficile. L’église Notre-Dame, à Sorel-Tracy, dont le sort est incertain. L’église du village de Massueville vient de changer de main, que lui est-il réservé? Yamaska a une superbe église pourtant placée devant le défi de lui assurer un avenir.
Mais qui donc pilote le dossier des églises au Québec? Est-ce donc un dossier orphelin?