28 juin 2022
Aménager l’avenir
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

La meilleure façon de maîtriser l’avenir est de le planifier. C’est vrai aussi pour la MRC de Pierre-De Saurel qui travaille actuellement à son Schéma d’aménagement et de développement (SAD). Une occasion à ne pas rater, trop de choses sont en jeu.

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Les ministres des Affaires municipales et de l’Habitation et de la Culture et des Communications rendaient publique récemment la Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire, intitulée Mieux habiter et bâtir notre territoire. Ce qu’on y trouve peut sembler abstrait et éloigné de notre quotidien. Pourtant, le milieu dans lequel nous vivons, ici même, chez nous, tous les jours, est tributaire de choix qui ont été faits, ou non, il y a 10, 20 ou 30 ans, par celles et ceux qui avaient la responsabilité de les faire.

Cette politique nous invite à préparer l’avenir qui « est à la création de milieux de vie de qualité, durables, attrayants, favorables à la santé et sécuritaires. La poursuite de ces objectifs est une nécessité tant sociale et écologique qu’économique et culturelle ». Tout un programme! Mais de beaux défis pour la région.

Le SAD est important, car les plans d’urbanisme des municipalités devront s’y conformer. Pourtant tout cela est éminemment concret. Comment voulons-nous maîtriser le développement à Sorel-Tracy et créer des quartiers qui soient des espaces de vie de qualité, pour tous les moments du cycle de vie? Comment conserver et mettre à profit nos milieux naturels et le territoire agricole en considérant l’impact des changements climatiques? Comment soutenir la vitalité des villages et consolider leurs liens essentiels avec la ville-centre? Comment poursuivre la planification du transport collectif et des déplacements actifs? Comment consolider le développement commercial ou industriel? Comment favoriser une densification douce pour contrôler les coûts assumés par les municipalités et leurs contribuables à moyen terme?

L’adoption d’un schéma d’aménagement et de développement est un exercice de leadership politique, au-delà d’une démarche administrative. Que voudront les élus de la MRC pour l’avenir de la région? Ils seront imputables des choix et des conséquences qui en résulteront pour les 10, 20 ou 30 prochaines années. Notre avenir est littéralement entre leurs mains.

Mais la MRC ne peut entreprendre cette démarche en vase clos. Elle doit y intégrer les acteurs du développement économique, culturel et social; favoriser aussi la participation citoyenne pour qu’une vraie conversation se tienne sur l’avenir de la région. Ce que nous deviendrons découlera inévitablement de choix réfléchis qui vont considérer les impacts environnementaux, sociaux, économiques et culturels, comme nous y invite la nouvelle politique nationale.

On a le temps de bien faire les choses, au moins une bonne année. Les orientations gouvernementales auxquelles la MRC devra se conformer n’ont pas été encore adoptées.

L’adoption d’un schéma d’aménagement et de développement est la responsabilité la plus importante d’une MRC. C’est la raison pour laquelle les MRC ont été créées à la fin des années 1970. D’autres outils de planification ont été ajoutés au fil du temps : politique culturelle, politique de développement social, plan de développement de la zone agricole, planification stratégique. Le défi consistera à harmoniser ces planifications pour qu’elles s’appuient les unes les autres.

Quand des régions ont du succès et suscitent l’envie, c’est qu’elles l’ont planifié. Et nous, que ferons-nous?

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