26 octobre 2022 - 12:33
Non-renouvellement du bail sur le quai Catherine-Legardeur
« C’est désolant pour notre région » – Olivier Péloquin, président d’iO Expérience
Par: Jean-Philippe Morin

Plus de 16 000 personnes ont assisté aux 16 spectacles présentés par iO Expérience sur le quai Catherine-Legardeur l’été dernier. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Les dirigeants d’iO Expérience ont mal digéré la décision de la Ville de Sorel-Tracy de ne pas renouveler leur bail sur le quai Catherine-Legardeur pour l’été 2023.

« C’est désolant pour notre région. On a amené quelque chose d’unique, on a contribué à la revitalisation du centre-ville et on a créé 46 emplois directs », déplore le président d’iO Expérience, Olivier Péloquin.

Le mercredi 26 octobre, la Ville de Sorel-Tracy a publié un communiqué informant que le conseil municipal n’avait pas réussi à s’entendre avec la Corporation des événements de Sorel-Tracy en vue de renouveler son entente pour la tenue d’iO Expérience l’été prochain. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir les candidats à la mairie.

Une seule rencontre a eu lieu le 4 octobre dernier entre les deux parties. Selon le maire suppléant Martin Lajeunesse, ce type de rencontre est monnaie courante avec les organismes. « Chaque année, on fait un post mortem, comme on le fait avec le Gib Fest ou d’autres organismes. Avec iO, on les a rencontrés et on leur a demandé s’il était possible de respecter l’entente. Dès le départ, on a senti une fermeture de leur part sur plusieurs points », explique M. Lajeunesse.

Selon Olivier Péloquin, iO Expérience a respecté ce que la Ville demandait lors de la première saison. « Tout l’été, on a satisfait les demandes de la Ville. On a tenu compte des dates du Gib Fest pour nos shows et on a bien cohabité avec les organismes. On a été bon joueur », avance-t-il.

Relocalisation écartée

Dans le communiqué de presse, la Ville affirme que des citoyens du quartier se sont plaints du bruit excessif causé par les activités de la salle. La Ville a également demandé aux promoteurs de retirer les barrières de béton et de métal installées autour de la structure afin de réduire l’espace occupé. Enfin, la présence d’un camion de nourriture de rue et de loges temporaires sur le quai contrevenait à l’entente initiale.

Selon le maire suppléant, les spectacles ne devaient pas dépasser minuit, mais certains ont terminé à 1 h 30. « On demande la même chose aux autres organismes. Ce qui est bon pour le Gib Fest est bon pour iO. Pour les clôtures, le concept de départ ne ressemblait pas à ce qui était aménagé. Ce n’était pas censé déborder de la pastille #2 », souligne-t-il, en ajoutant que le camion de rue ne devait pas être là et que les loges temporaires sont devenues permanentes, ce qui contrevenait à l’entente.

« Ils nous ont proposé deux choses, indique Olivier Péloquin. Premièrement, de rapetisser la salle, c’est physiquement impossible puisqu’on a des plans et devis. Deuxièmement, la relocaliser ne fait pas de sens pour nous. On veut en faire profiter le centre-ville. On le concède, c’est vrai que les clôtures, ce n’est pas joli. C’était notre première année d’opération, on voulait apporter des améliorations. On était ouverts à trouver des solutions. »

Une ouverture

De part et d’autre, l’ouverture est là pour revenir en 2023. « À notre avis, ce ne sont pas des choses majeures à modifier. Je veux qu’on se rassoie, qu’on trouve une entente où tout le monde sera gagnant. IO Expérience a attiré une nouvelle clientèle surtout composée de 35 ans et moins dans la région, c’est important pour notre ville. Il y a moyen de s’entendre sans négocier sur la place publique », conclut le maire suppléant Martin Lajeunesse.

« Tous les artistes ont adoré le concept. Des agences nous appelaient déjà pour booker les artistes. Oui, la structure est démontable et transférable dans une autre ville, mais c’est ici qu’on veut développer notre concept. On l’a fait pour notre ville, on a amené 16 000 personnes, dont 80 % qui venaient de l’extérieur. […] Quand on a quitté la première rencontre, on attendait à avoir une réponse à une question, pas un refus. On voulait continuer à discuter », conclut à son tour Olivier Péloquin, en remerciant les partenaires de son entreprise.

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