14 janvier 2025 - 07:01
Dans mon temps
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives depuis décembre 2021. Photo Simon Ménard

Voilà une expression qui me rend toujours mal à l’aise. En fait, je ne l’aime pas du tout. Aurais-je atteint ma date de péremption sans m’en apercevoir?

Malgré tous les changements qui nous surprennent et parfois nous déstabilisent, malgré tous les inconforts de cette nouvelle époque, ce temps est encore le mien et j’entends bien qu’il le reste longtemps.

L’époque durant laquelle nous sommes formés a un impact majeur sur notre façon de penser. Pour ma part, je suis un produit du XXe siècle. Je suis né en pleine Révolution tranquille dans un Québec bouillonnant, un Québec qui changeait et qui allait traverser un moment important de son histoire. C’est difficile, particulièrement pour les plus jeunes, de penser qu’à ce moment-là, on n’était qu’à une vingtaine d’années de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Cette constatation rend d’autant plus évidente que les temps ont changé. Mais nous aussi, nous avons changé. Nous avons contribué, et nous contribuons encore à ces changements. Il y a beaucoup de nous, là-dedans, finalement.

Alors, j’ai envie d’insister sur la nécessité que nous avons de nous adapter à tout ce qui change, même si c’est rapide, profond et parfois étourdissant. On l’a toujours fait, continuons. S’adapter aux changements, qu’ils soient politiques, économiques ou technologiques, c’est résister. Résister à la tentation de baisser les bras, de décrocher, de ne plus se sentir pertinents. Résister à l’obsolescence.

L’époque dans laquelle nous entrons sera sans contredit exigeante. Personne ne sait ce que sera la présidence de Donald Trump ni l’impact qu’elle aura sur nous, personnellement, régionalement, nationalement. L’augmentation des températures annuelles moyennes de 1,5°C par rapport à la période préindustrielle a été atteinte. Plus rapidement que prévu. Il y a aussi les changements technologiques, ceux qui exigent de nous des efforts constants pour rester à jour même dans nos opérations quotidiennes.

Et c’est justement parce que les prochaines années pourraient être difficiles qu’il nous faut rester alertes, qu’il faut rester à l’affût pour comprendre ce qui se passe et ne pas se laisser dépasser. Même si ça peut sembler anachronique, il faut absolument continuer à assumer nos responsabilités citoyennes. Il faut continuer de s’informer, de participer, d’être présent et, surtout, de ne pas abandonner. Cette époque, c’est aussi la nôtre.

Identifions nos valeurs, nommons ce qui est important pour nous. Ne nous livrons pas pieds et poings liés à ceux qui souhaitent nous amener loin de ce que nous souhaitons être, personnellement et collectivement.

Ça nous ramène inévitablement à l’action locale. Oui, le monde change, les enjeux globaux, internationaux, sont grands et nous paraissent éloignés et incontrôlables. Alors, regardons ce qui se passe autour de nous, dans notre région, et essayons d’avoir un impact ici, maintenant. C’est sûrement ce qui est le plus simple et de plus inspirant.

Cette année encore, la région de Sorel-Tracy a devant elle de bonnes perspectives avec un milieu des affaires dynamique et des leaders politiques ou communautaires proactifs et déterminés. Des occasions de développement continueront d’apparaître et c’est parce que nous serons toujours intéressés par ce qui se passe que nous saurons en tirer profit.

Sur ces considérations peut-être un peu trop existentielles, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année sereine et paisible. Une année qui sera de notre temps.

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