9 novembre 2021
Débat : plusieurs propos tenus par Serge Péloquin et Jocelyn Daneau ont fait réagir
Par: Deux Rives

La mairesse de Yamaska et présidente du comité régional culturel de la MRC de Pierre-De Saurel, Diane De Tonnancourt, le président-directeur général du Centre des arts contemporains du Québec à Sorel-Tracy, Dominique Rolland et le directeur général de la MRC de Pierre-De Saurel, Denis Boisvert, ont tous envoyé des lettres d'opinion au journal Les 2 Rives la semaine dernière afin de réagir aux propos des candidats Serge Péloquin et Jocelyn Daneau lors du débat à la mairie de Sorel-Tracy, le 28 octobre dernier. Photothèque | Les 2 Rives ©

Les réactions ont été nombreuses à la suite des propos tenus par Serge Péloquin et Jocelyn Daneau lors du débat à la mairie de Sorel-Tracy qui s’est déroulé le jeudi 28 octobre dernier. Voici les lettres d’opinion qui sont parvenues au journal la semaine dernière.

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La mairesse de Yamaska, Diane De Tonnancourt, réagit aux propos de Serge Péloquin

Plusieurs citoyens à l’écoute du débat de ce soir [28 octobre] pour l’élection à la mairie de Sorel-Tracy m’ont informée que le maire en poste m’a attaquée publiquement en prétextant que je serais la seule responsable du fait que les artistes de la Ville de Sorel-Tracy ont été exclus des programmes de subventions culturelles régionales. Je me trouve flattée qu’il m’attribue une telle influence auprès des instances culturelles québécoises. Est-ce que j’aurais plus d’influence que le maire de la ville-centre sachant qu’il a la double majorité dans les prises de décision à la table du conseil? Pourtant, il s’était excusé, en caucus, devant tous les collègues maires de la MRC de Pierre-De Saurel pour m’avoir attaquée à ce sujet dans les médias. Dois-je en conclure que ce n’était pas sincère? Il faudrait bien qu’il assume les conséquences de ses gestes. Je peux affirmer qu’en tant que présidente du comité régional culturel de la MRC de Pierre-De Saurel, j’ai toujours défendu ardemment la portée de la culture au niveau régional parce qu’elle définit notre identité régionale.

Le président-directeur général du Centre des arts contemporains du Québec, Dominique Rolland, fait le point sur les propos de Jocelyn Daneau

À l’occasion du débat qui s’est déroulé le 28 octobre 2021 entre les candidats à la mairie de Sorel-Tracy, nous avons été interpellés par certaines affirmations de M. Daneau en liaison avec le projet que nous développons actuellement sur l’ancien site de la Sincennes-McNaughton Line.

Tout en nous portant en faux contre ces affirmations, nous tenons à apporter quelques éclaircissements à ce candidat qui, nous semble-t-il, vit loin de la réalité de sa propre ville.

Nous tenons tout d’abord à lui préciser que notre corporation est installée à Sorel-Tracy depuis plusieurs années. Cet état de fait, en sa qualité de postulant au poste de premier magistrat de la Ville, aurait dû l’amener à venir nous rencontrer et se renseigner sur l’historique du projet d’implantation du complexe de création, de diffusion et de production multidisciplinaire en art avant d’affirmer et d’avancer des informations complètement erronées.

L’installation de notre corporation à Sorel-Tracy n’est pas le fruit d’un hasard, mais une réponse positive à la demande du milieu. Le projet dont il est question, au risque de décevoir M. Daneau, a fait l’objet d’une concertation à grande échelle, a reçu l’assentiment de toutes les instances publiques, de toutes les organisations culturelles, touristiques et économiques ainsi que de toutes les personnes consultées, acquises et impliquées dans le développement de la culture et des arts au sein de notre communauté.

Quant à l’allusion faite durant ce débat en rapport au non-intérêt des citoyens de Sorel-Tracy à l’art contemporain, nous lui laissons la responsabilité de cette affirmation. En ce qui nous concerne, nous pouvons affirmer avec fierté que les nombreuses réunions, rencontres et discussions que nous avons eues avec les agents du milieu et avec les citoyens nous ont démontré tout à fait le contraire.

Nous ne nous étalerons pas dans cette mise au point sur les incidences positives du projet pour les artistes de Sorel-Tracy et de la région, pour les citoyens, les familles et l’ensemble du public. Nous demandons tout simplement à M. Daneau d’aller faire un tour sur le site du projet aujourd’hui décontaminé, réhabilité et prêt à être remis à la disposition des citoyens avec ses premiers aménagements.

Nous sommes persuadés qu’à l’issue de cette visite, M. Daneau révisera son jugement et, comme tous les économistes, adhèrera au principe voulant que la culture est un vecteur d’unité, que l’offre culturelle constitue un enjeu important de développement culturel et touristique pour les régions, qu’elle est un atout incontournable au développement social et économique des territoires ainsi qu’un important élément attractif pour les villes.

Le DG de la MRC de Pierre-De Saurel, Denis Boisvert, répond aux propos tenus par Serge Péloquin

J’ai lu ces derniers jours des articles publiés dans les médias régionaux relatant des extraits de discussions tenues lors du débat des candidats à la mairie de Sorel-Tracy. J’ai ensuite écouté quelques brides du débat. Le sujet de la sortie de M. Péloquin du 3 décembre 2018 contre le DG de la MRC a été abordé. M. Péloquin fait une fois de plus des allusions négatives concernant la gestion de la MRC en laissant sous-entendre à l’autre candidat que ce dernier ne connaît pas comment se fait la gestion de la MRC.

Je sens le besoin de préciser que je n’avais pas réagi en 2018 (ni après) dans les médias pour les motifs suivants :

Je ne voulais aucunement envenimer davantage le climat de travail et les relations entre élus et DG compte tenu du travail d’équipe qui doit toujours être privilégié.

Je m’étais contenté de lui faire part de ma profonde déception lors d’une réunion de travail tenue, quelques jours plus tard, en présence des autres maires.

Ça ne fait pas partie de mon caractère de régler sur la place publique mes différends surtout en prenant en compte la grande fréquence des rencontres de travail (élus et DG) qui nous permettent de se parler régulièrement entre nous. À ce compte, je peux témoigner des nombreuses discussions tenues à huis clos par les élus pour tenter, en vain, de régler les choses.

J’aurais aussi pu, à l’époque, porter plainte contre lui en vertu de la politique de tolérance zéro adoptée par la MRC le 10 octobre 2018 pour le maintien d’un milieu de travail sain et sécuritaire pour tous.

Malheureusement, après toutes ces années, force est de constater que cette situation a un effet très néfaste sur notre climat de travail (dépôt de plusieurs démissions depuis quatre ans) qui ne s’est aucunement amélioré comme vous avez pu et pouvez encore le voir dans les médias régionaux (articles et caricatures).

C’est donc dans tout ce contexte que je me dois, en tant que directeur général de l’organisme, de réagir pour rectifier les propos de M. Péloquin, par respect pour les gens qui y travaillent, moi inclus. Il y a des limites à « toute »!

Tout d’abord, je me permets de rappeler que la sortie de M. Péloquin, du 3 décembre 2018, faisait suite à la diffusion d’un communiqué de presse dans lequel la MRC rectifiait, après vérification des arguments erronés qu’il avait apportés durant la séance publique du 28 novembre 2018, séance durant laquelle le budget prévu n’avait pas pu être adopté. La MRC n’avait pourtant que rectifié les propos qu’il avait tenus publiquement!

J’ai été très surpris de l’entendre, lors du débat, faire une fois de plus ses allusions à la gestion inadéquate de la MRC. En effet, l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), organisme mandaté par la MRC sur la base de la recommandation de M. Péloquin lui-même pour favoriser l’adoption du budget 2019, conclut le contraire. En effet, dans son rapport déposé au conseil, l’IGOPP souligne de façon très positive dans la section « les rôles et les responsabilités de la direction générale » plusieurs éléments, dont les suivants :

« Après avoir passé en revue l’ensemble de la documentation portée à notre connaissance, nous pouvons indiquer sans retenue que le directeur général planifie, organise, coordonne de façon professionnelle l’ensemble des activités de la MRC. Il est très proactif et de nouveaux projets sont initiés au gré des opportunités. » Mon ajout : rappelons, entre autres, que la MRC a été une des premières à déclarer compétence en matière de gestion des matières résiduelles et est toujours la seule MRC à avoir implanté un parc éolien 100 % communautaire dont la totalité des retombées économiques sont réinvesties dans la région.

Il y est aussi indiqué que « les multiples prix et reconnaissances reçus par la MRC, au cours des années, démontrent à quel point le travail réalisé par le personnel de la MRC est estimé et reconnu. Il faut éviter à tout prix que les élus des municipalités locales s’arrogent le travail fait à la MRC : ce qui démotive hautement les ressources et font craindre pour la pérennité de l’organisme ».

J’en profite pour féliciter tous les employés de la MRC et pour souligner leur très bon travail d’équipe! Je souligne aussi que les coordonnateurs de la MRC doivent gérer depuis plusieurs années des baisses importantes de leur budget pour mettre en œuvre des projets.

Je me permets aussi de rappeler une affirmation que le coprésident de la région de Montréal-Laval-Montérégie du SFPQ faisait dans un article du journal Les 2 Rives paru le 21 juillet 2020 intitulé « Le syndicat des employés de la MRC dénonce une « dictature » de Serge Péloquin ». « Normalement, quand des employés veulent se syndiquer, c’est qu’il y a une problématique avec l’employeur et la direction. Dans ce cas, il affirme que le bât blesse strictement au niveau politique ». L’article précisait aussi, dans le même paragraphe, que le coprésident « affirme qu’il n’a jamais vu une situation aussi envenimée ».

Je terminerai en rappelant que les nombreux projets mis sur pied par la MRC au fil des ans apportent beaucoup de bien dans le quotidien de la population. La réalisation de ces projets est rendue possible grâce à l’attitude positive de la grande majorité des membres du conseil. Il faut aussi souligner cette même attitude chez tous les élus municipaux et tous les contribuables qui s’investissent bénévolement au sein de comités régionaux de la MRC. La complémentarité « rurale-urbaine » constitue une avenue gagnante-gagnante pour maximiser l’économie d’une région, en ce cas-ci, de notre si belle et diversifiée région!

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