De fait, ils étaient des dizaines à crier haut et fort devant le bureau du député caquiste de Richelieu, Jean-Bernard Émond, sur la rue du Roi. « Sur les 1,5 G$ de coupures en santé, pas moins de 77 M$ le sont rien que pour la Montérégie-Est », déplore d’entrée de jeu Joëlle Lavoie-Vigeant, représentante nationale de l’APTS de la Montérégie-Est.
« Ici on parle particulièrement d’employés de la catégorie 4 où l’on retrouve des techniciens et des professionnels de la santé et des services sociaux. En fait, il y a 106 types d’emplois dans notre catégorie. Dans notre secteur, il y a 35 personnes titulaires de postes qui sont touchées, dont 4 à Sorel-Tracy, des gens qui offrent des services directs à la population. À la base, on ne devait pas toucher à ces postes », mentionne Mme Lavoie-Vigeant, qui parle également d’abolition du surcroit et des affichages de postes à l’externe, donc la fin du recrutement du nouveau personnel sans oublier la suspension des heures supplémentaires volontaires. « Cela permettait d’aller chercher des revenus supplémentaires à nos employés », déplore Julie Provencher, déléguée syndicale.
Parmi les postes abolis à Sorel-Tracy, on retrouve une kinésiologue et une nutritionniste. « Ce sont les services de prévention qui sont le plus touchés », de rappeler Mme Provencher.
« Compter sur moins de nutritionnistes implique moins d’accompagnement pour les patients diabétiques, par exemple, ou les gens vivant avec de l’hypertension », exprime Julie Provencher.
On parle également d’une technicienne en travail social pour les jeunes en difficulté, un poste rattaché au CLSC Longueuil-Ouest. Sans oublier un poste de sexologue couvrant l’ensemble du territoire qui aidait notamment les victimes d’agression sexuelle. « Et les postes abolis ne reviendront plus. La population montérégienne mérite mieux qu’un réseau de la santé et des services sociaux sous-financé et dégarni de ses professionnelles », conclut Mme Lavoie-Vigeant.
De son côté, le député de Richelieu affirme avoir rencontré les représentantes de l’APTS le 20 février dernier afin d’échanger sur les préoccupations entourant cette réorganisation. « Depuis 2018, le gouvernement a investi massivement dans le réseau de la santé et, avec la mise en place de Santé Québec, l’objectif demeure d’améliorer et d’optimiser les soins offerts à la population. Toutefois, il est essentiel que ces réorganisations reflètent la réalité du terrain et prennent en compte leurs impacts sur les employés ainsi que sur les usagers. Nous demeurons attentifs à la situation », affirme Jean-Bernard Émond.