9 novembre 2021
Désormais
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans la région, Louise Grégoire-Racicot livre ses impressions dans une chronique hebdomadaire au journal Les 2 Rives depuis 2018.

La question s’était posée lors des mises en candidature. Des 86 postes d’élu municipal à pourvoir dans les municipalités de la MRC de Pierre-De-Saurel, 58 l’avaient été sans opposition. Pourquoi tant de gens ne veulent plus s’impliquer en politique municipale?

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La question ressurgit, lendemain de scrutin municipal, quand on constate qu’à Sorel-Tracy, par exemple, seulement 39 % des électeurs ont exercé leur droit de vote. Que faut-il en conclure?

Les électeurs étaient-ils si satisfaits de cette administration sortante? À voir les votes exprimés – 75 % pour le maire Péloquin, plus de 65 % pour ses conseillers sauf un – on pourrait vite conclure que oui. Les électeurs avaient-ils si peu à redire sur la gouvernance de ce conseil – les services dispensés, le développement de la ville, la protection de l’environnement, le support communautaire, le transport collectif, la sécurité, l’aménagement des espaces verts, le compte de taxes, l’accès au logement abordable – qu’ils n’ont même pas jugé bon choisir qui devrait gérer leur milieu de vie?

Ce faisant, cette importante majorité silencieuse – que l’on retrouve hélas dans plusieurs municipalités – fait douter de la santé de la démocratie dans nos municipalités et du rôle de citoyen à assumer. Les électeurs se sentent si peu concernés qu’ils ne vont même pas voter. Un silence d’autant énigmatique que l’on entend de plus en plus de citoyens réclamer à juste titre d’être consultés voire entendus sur divers sujets qui affectent leur quotidien. La participation citoyenne et l’acceptabilité sociale ne sont-elles pas largement revendiquées de nos jours? Voilà une incohérence à explorer.

Chose certaine, à Sorel-Tracy, il y a un fonds d’insatisfaction. 25 % des gens ont appuyé des candidats de l’opposition dont le principal, Jocelyn Daneau, n’a pas su rallier les électeurs. Cette insatisfaction devrait marquer de nouvelles attitudes.

Forts de leur victoire, Olivier Picard, Patrick Péloquin et Sylvie Labelle – dont on dit que M. Péloquin a suscité des candidatures contre eux – ne devront plus hésiter à défendre leurs points de vue publiquement pour que les citoyens comprennent bien les valeurs et arguments qui justifient ces décisions. C’est vrai aussi pour les conseillers Guèvremont, Béland et Mondou qui se sont bien défendus d’être des moutons. On devrait désormais assister à de véritables mais respectueux débats sur divers dossiers qui sauront initier les meilleures décisions possibles. Ne sont-ce pas les conseillers qui votent toutes les résolutions?

Enfin M. Péloquin, qui avait, avant le scrutin, déjà déterminé ses priorités pour les trois prochains mois – rien ne peut l’empêcher d’y inscrire des suggestions faites par son opposant pour en améliorer la teneur.

Mais pour rendre Sorel-Tracy et son centre-ville plus « sexy », il devra accepter d’en devenir à la fois un ambassadeur et diplomate indéfectible.

Déjà doué d’une grande facilité à communiquer et d’une bonne connaissance du terrain, il devra cependant peaufiner sa façon d’entrer en relation de qualité avec les autres pour mieux inspirer, influencer et convaincre. Cela lui demandera désormais plus d’humilité et de souplesse, de la discrétion, beaucoup de respect et de la patience. Des atouts qu’il doit cultiver dès les premiers jours de son mandat s’il veut s’affirmer comme un leader crédible et efficace.

Car il a hélas beaucoup de ponts à rebâtir – avec ses opposants, des membres de son conseil, des élus et employés de la MRC, d’autres de la ville.

Ce n’est que dans l’harmonie qu’il saura créer des consensus nécessaires à redonner un élan nouveau à sa ville, à la région.

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