23 janvier 2024 - 09:17
Deux députés, un rôle commun!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

En relisant leurs interventions publiques, on constate vite que Richelieu a élu deux députés – Louis Plamondon et Jean-Bernard Émond – à la personnalité aux antipodes l’une de l’autre.

Même si l’on peut difficilement mesurer le travail qu’ils effectuent dans l’ombre en faveur de leurs concitoyens, le rôle qu’ils jouent dans la région et dans leur parti est carrément différent.

Député d’un parti au pouvoir largement majoritaire, M. Émond se fait très discret sur les décisions votées à l’Assemblée nationale qui affecteront la vie bas-richeloise. Comme sur l’argumentaire et les démarches faites pour plaider sa cause dans des dossiers régionaux clés.

Si discret qu’il n’a même pas convié les médias quand, la semaine dernière, la ministre de l’Enseignement supérieur s’est arrêtée au cégep pour échanger avec ses dirigeants et personnels sur les défis que rencontre l’institution pour assurer sa survie.

Voilà un manque flagrant de transparence difficile à avaler. Informer ses concitoyens est non seulement essentiel pour qui croit en une démocratie bien vivante, mais aussi pour mobiliser les forces vives du milieu en faveur de progrès souhaitables. Ici celui de son institution collégiale.

De fait, il serait important que le député de la CAQ fasse part de ses réflexions sur les enjeux que rencontre la région plutôt que se contenter de souligner par voie de communiqués les subventions statutaires qu’il distribue. Ou encore son appui à des démarches régionales après que des problèmes aient été soulevés par des élus, intervenants ou citoyens.

Je ne suis certes pas la seule à penser qu’il serait fort intéressant qu’on connaisse mieux ses réflexions et approches pour faire avancer la région. Il est chanceux que les représentants locaux des autres partis politiques ne prennent pas plus de place dans l’actualité régionale.

Quant à Louis Plamondon, sa sociabilité et sa présence aux gens sont quasi proverbiales. Il affirme aisément son amour pour son comté.

Bien sûr, son rôle est différent de celui de M. Émond puisqu’il est membre d’un petit parti fédéral d’opposition qui, souverainiste, se lance à la défense systématique des intérêts du Québec. M.Émond les voit-il de la même façon? On ne saurait le dire!

Un des fondateurs du Bloc, M. Plamondon en est un pilier tant par ses interventions publiques que dans l’organisation politique et son financement. Mais il ne se prive jamais de faire connaître l’approche qu’il défend dans des dossiers qui touchent étroitement la région, notamment en agriculture.

Au risque de radoter, je persiste à déplorer qu’il n’assume pas dans la région le rôle de leadership qu’il pourrait jouer vu sa connaissance profonde de la région, la qualité de sa réflexion et sa popularité.

Voilà des choix qu’ont fait ces deux hommes liés tant à leur personnalité respective qu’à leur vision de leur rôle de député.

Malheureusement, on ne sent guère la proximité qu’ils devraient développer, voire une certaine complicité dans les dossiers primordiaux, et ce, en tout respect de la constitution.

Chacun gagnerait à reconsidérer certaines façons de faire qui pourraient ajouter à leur apport et raffermir leurs liens avec la région et ses forces vives. Ils contribueraient ainsi à diminuer le cynisme ambiant et à rétablir progressivement la confiance citoyenne envers institutions et élus. Voilà certes un rôle commun à jouer.

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