14 septembre 2022 - 07:00
Deux sœurs créent un programme de paranatation à Sorel-Tracy
Par: Jean-Philippe Morin

Les sœurs Martine et Christine Bergeron entraîneront Jacob Verville dans le nouveau programme de paranatation à la piscine Laurier-R.-Ménard. Photo gracieuseté

Martine Bergeron a dû apprendre à vivre avec un membre amputé à l’aube de ses 7 ans. Une quarantaine d’années plus tard, celle qui réside à Sorel-Tracy depuis quelques mois démarre, avec sa sœur et entraîneuse au club Sorel-Tracy Natation (STN) Christine Bergeron, un nouveau programme de développement spécialisé de la natation division paranageur dès cet automne .

Martine Bergeron a travaillé pendant 34 ans comme technicienne en éducation spécialisée dans le réseau de la santé, où elle s’est spécialisée dans la déficience intellectuelle, le trouble du spectre de l’autisme et la déficience physique. Née au Saguenay, elle a toujours rêvé de traverser le lac Saint-Jean à la nage, mais selon ses dires, un entraîneur a détruit son rêve.

« Il me poussait et espérait de meilleurs temps après mon amputation. Les doigts, c’est ce qui permet de pousser dans l’eau, de gagner des dixièmes de secondes précieux. Ce n’est pas pour rien que les nageurs maintenant se rasent ou portent des maillots de plus en plus performants. Chaque détail compte dans l’eau. C’est pour ça qu’il y a un volet paranatation aux Jeux paralympiques », détaille-t-elle.

« Je veux, par la création de ce programme, permettre à un jeune de vivre son rêve, comme ce m’était impossible de le faire il y a des années. Mon rêve est maintenant de pouvoir changer le cours d’une vie, permettre à un enfant ayant une limitation de s’intégrer à un club de natation. Ma sœur et moi, on veut le prendre sous notre aile, avec le club Sorel-Tracy Natation et lui permettre de performer à un haut niveau », ajoute Mme Bergeron.

Cette idée lui est venue lorsqu’elle écoutait les Jeux paralympiques de Tokyo, en 2021. « Si ce beau mouvement d’intégration […] avait existé [à l’époque], peut-être aurais-je été celle sur le podium », philosophe-t-elle.

Sa sœur Christine possède une formation PNC-201 depuis cinq ans. Comme entraîneuse adjointe du club STN, c’est elle qui s’occupera d’entraîner le paranageur. « On veut amener le club à un autre niveau. Avec la création de ce programme, c’est un bon pas en avant », croit-elle.

Un enfant en bénéficiera

La première étape était de trouver un enfant qui aime nager et qui a une limitation physique. À la première année du programme, les deux sœurs voulaient d’abord débuter avec une seule personne à entraîner pour faciliter le suivi.

Les recherches se sont arrêtées le samedi 3 septembre dernier avec Jacob Verville, âgé de 4 ans. Selon Christine Bergeron, les parents du jeune garçon, qui a des problèmes de vision et un handicap au pied, étaient fort emballés par ce projet.

« Au départ, on cherchait un enfant de 7 à 11 ans, mais c’est parfait d’avoir un enfant de 4 ans puisque dès l’an prochain, on va pouvoir l’intégrer avec les novices du club à 5 ans. On va commencer avec Jacob cette année, puis on verra dans les prochaines années pour ajouter d’autres enfants. Le but est de faire quelque chose de bien avec tout ça », lance Christine.

Pour être reconnu paranageur, l’enfant devait avoir un handicap qui correspond aux critères d’Olympiques spéciaux Québec, comme une amputation, une paralysie, une scoliose (blessure à la moelle épinière), du nanisme ou un handicap visuel important. L’enfant devait aussi être autonome pour effectuer ses transferts (monter, descendre, contourner les obstacles, s’asseoir sur un banc, hygiène complète, etc.). Dans le volet initiation, l’enfant sera initié aux habiletés de base et motrices dans un cadre favorisant l’apprentissage, le plaisir et la sécurité.

Pour s’informer sur ce projet, on peut appeler le club Sorel-Tracy Natation au 450 746-0408.

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