15 juin 2021
Dilemme
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Ce qui devait arriver arriva. Me voilà confrontée au dilemme que je redoutais : choisir qui – des Canadiens de Montréal ou des Golden Knights de Las Vegas – remportera cette demi-finale, autre pas vers l’obtention de la Coupe Stanley. Car ces deux clubs éveillent chez moi, pour des raisons différentes, des sentiments presque identitaires.

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Depuis ma petite enfance, en complicité avec mon père, j’ai nourri ma fierté d’appartenance familiale à apprécier les exploits du Canadien, alors déjà une dynastie si bien desservie par de talentueux « Canadiens-français ». Mais avec l’âge, mon intérêt pour le hockey s’est estompé jusqu’à il y a deux ans où – pour mieux comprendre l’intérêt de mon mari pour ce sport et ajouter à nos activités communes – j’ai choisi de suivre le club en pleine reconstruction. Avec toutes les déceptions que cela impliquait. Confinement aidant, j’ai tenu bon en me disant qu’après cette saison – qui a impliqué un insensé nombre d’heures d’écoute chaque semaine – je mettrais fin à ma partisanerie atavique.

Mais le talent et l’intelligence de certains joueurs et leurs succès récents m’ont interpellée. L’évidence qu’ils semblent avoir enfin intégré le concept d’une équipe soudée alimente ma croyance profonde en la nécessité de la solidarité, une force motrice peu importe où elle se manifeste.

Et l’enthousiasme de cette remontée qui stimule les partisans, jumelé au déconfinement progressif que se permet le Québec, multiplie les occasions de joie si peu courantes depuis 18 mois. Comme si chaque victoire accélérait la réduction de la COVID. Comme si chaque recul du coronavirus alimentait la victoire! Allez donc savoir comment notre cerveau perçoit le tout. Mais le résultat fait du bien.

Quant aux Knights, ils m’inspirent une fierté toute autre. Voir le Sorelois Marc-André Fleury, remarquable par ses exploits mais aussi par sa personnalité attachante et généreuse, alimente ma fierté régionale. D’autant que l’homme n’a jamais renié son coin de pays. Au contraire. Reconnaissant, il continue de le chouchouter. Humble à souhait, il est exemplaire pour les jeunes, tant par son intensité au travail que parce qu’il arrive à mieux maîtriser les émotions qui l’ont déjà fait craquer dans des moments clés.

Même si je connais les Knights que par ses statistiques de performance, je suis fière que le club compte quatre Québécois. Ma fibre patriotique – convaincue que le Québec sait faire dans bien des domaines dont la formation d’athlètes de haut niveau – vibre devant ces ambassadeurs, preuve vivante de nos talents, de nos capacités à les épanouir. Fleury en est un exemple flagrant!

Voilà ce qui me titille en ces jours de chaleur exceptionnelle. Aussi je tente de calmer mes émotions, de rationaliser les choses pour accepter que le meilleur gagne, d’apprécier les bons coups de chaque équipe sans miser sur un gagnant. Pourrais-je ainsi regarder chaque partie avec plaisir, en accepter le résultat sans broncher? C’est une tout autre histoire.

Ai aimé…

…l’invitation lancée à tous par la Maison la Source de participer à une marche commémorative le 16 juin à 18 h au carré Royal, à la mémoire des 12 femmes victimes de violence conjugale, ces derniers mois, dont celle de Mme Lisette Corbeil, une Contrecœuroise appréciée de plusieurs d’entre nous pour sa personnalité, son professionnalisme et son enthousiasme communicatif.

Ce drame intolérable appelle une fois de plus à l’urgence de briser le silence – que l’on soit victime ou témoin de violence conjugale – et de tisser des liens plus étroits pour élargir le filet de sécurité de toutes les femmes. Se solidariser et réclamer des services adéquats pour enfin faire disparaitre toutes ces violences et les souffrances qu’elles engendrent inévitablement.

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