19 avril 2022
Droit devant, les élections du 3 octobre
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Il n’y a pas si longtemps, jusqu’à l’élection du caquiste Jean-Bernard Émond en 2018, les leaders politiques et économiques de la région étaient divisés entre péquistes et libéraux. Nous avons passé la plus grande partie de notre vie sous un gouvernement libéral ou sous un gouvernement du Parti Québécois. Ça donne le vertige de voir que ces deux grands partis, qui ont façonné le Québec d’aujourd’hui, ne sont plus comme avant au centre de la scène politique.

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Peu de gens prévoient autre chose qu’une victoire de la CAQ de François Legault en octobre. L’élection partielle dans Marie-Victorin, la semaine dernière, a permis une première évaluation des forces en présence. Le Parti Québécois n’a pas réussi à conserver cette circonscription qu’il détient depuis 1985 et le Parti libéral du Québec est arrivé cinquième, derrière le Parti conservateur d’Éric Duhaime, nouveau venu sur la scène québécoise.

Mais on doit vivre avec notre temps. Elle est loin l’époque où le membership combiné des deux grands partis s’élevaient à plus de 600 000 personnes, soit autour de 10 % de la population adulte. Le paysage politique s’est complètement remodelé avec la baisse d’intérêt pour le débat souverainiste-fédéraliste qui a mobilisé le Québec pendant plus de 40 ans.

Avec la pandémie, François Legault et son gouvernement en ont vu de toutes les couleurs depuis leur élection en 2018. Ils se préparent activement pour les élections générales du 3 octobre prochain. Six mois, c’est peut-être une éternité en politique, mais n’empêche que le compte à rebours vers la campagne électorale est bel et bien commencé. On a intérêt à commencer à suivre ça de près.

Les élections qui se sont déroulées au cours des dernières années nous ont appris quelque chose d’important : la campagne électorale compte. On l’a vu au fédéral et au municipal. Justin Trudeau était convaincu de sortir majoritaire du scrutin qu’il a déclenché à la fin de l’été et, selon les sondages, Denis Coderre partait gagnant pour la mairie de Montréal. Les électeurs en ont décidé autrement dans les deux cas et on a vu le vent tourner durant les semaines qui ont précédé le vote. C’est aussi ce qui s’est passé en France la semaine dernière, à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle.

Il faut donc compter, avec l’humeur de l’électorat, notre humeur. C’est ce que l’ensemble des partis et leurs candidates et candidats s’affairent à déchiffrer pour adapter la liste de leurs engagements.

La recomposition du paysage politique inclut l’émergence du Parti conservateur d’Éric Duhaime qui vient piger dans l’électorat qui a fait de la CAQ le nouveau parti dominant la scène politique. François Legault visera à intégrer les anciens péquistes ou libéraux pour compenser des pertes possibles et ça l’amène à développer un discours plus centriste et encore plus pragmatique.

Qui portera les couleurs conservatrices dans Richelieu? Y aura-t-il une clientèle pour ce parti, chez nous? Est-ce que ça aura un impact sur la campagne et la plate-forme électorale de Jean-Bernard Émond qui cherchera à obtenir un deuxième mandat? Richelieu a eu des députés du Parti Québécois pendant 24 des 28 dernières années, en restera-t-il quelque chose? Que deviendront les libéraux?

Il y a suffisamment de questions pour nous occuper pour les six prochains mois!

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