23 août 2022
Du leadership, s’il vous plaît
Par: Katy Desrosiers

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Ce sera anormal si la question des changements climatiques n’est pas au cœur de la campagne électorale québécoise qui s’amorce. Pourtant, le sujet n’est pas encore à l’ordre du jour.

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Il y a plus de trente ans que les scientifiques nous préviennent des effets des changements climatiques sur la planète et sur les humains qui y vivent. Il y avait jusqu’ici quelque chose d’abstrait dans tout ça, de difficile à saisir, à comprendre et à constater concrètement. Mais cet été, l’addition d’événements partout sur la planète a amené le sujet régulièrement dans nos conversations. Les changements climatiques deviennent plus visibles. Et ça se rapproche de nous.

Une amie française m’indiquait cette semaine qu’il a fait 48°C à l’ombre sur sa terrasse cet été. Les températures ont dépassé les 50°C à plusieurs endroits en Europe. La sécheresse qui y sévit aura un impact majeur sur la production agricole qui se répercutera sur les prix des aliments. Les images des grands fleuves d’Europe à sec nous impressionnent.

De gigantesques feux de forêt ont menacé Saint-Jean de Terre-Neuve; une cousine de mon père qui y vit avait préparé ses valises en cas d’évacuation.

On peut multiplier les exemples dans les deux Amériques, en Asie ou en Afrique. Des exemples où les difficultés et les souffrances seront plus grandes sur les humains, et les effets plus dévastateurs sur la nature et la biodiversité.

Selon un sondage Léger réalisé en mai, 73 % des Québécois sont inquiets des effets des changements climatiques. Mais où est-ce dans le débat public? Est-ce qu’on voit combien cette question est liée à toutes nos difficultés? Pandémie, inflation, récession éventuelle, pénurie alimentaire, conflits?

François Legault et la CAQ souhaitent que le débat électoral porte sur le portefeuille personnel des Québécois. Il nous demande de leur permettre de « continuer ». Et ils s’acheminent vers une victoire historique. Pourtant est-ce que ça rejoint vraiment les inquiétudes que vous exprimiez dans vos conversations cet été? N’êtes-vous vraiment intéressés que par votre portefeuille?

Dans ma famille, il y a un tout-petit qui n’a pas encore un an. Né en 2021, il a toutes les chances au monde de voir 2100. Il aura alors 79 ans. Que sera son monde? Ce n’est pas une question abstraite, c’est fondamentalement concret.

Traiter de la question des changements climatiques est difficile. Individuellement, on se sent impuissant. C’est pourquoi il faut exiger des partis politiques qui recherchent notre appui le 3 octobre qu’ils se prononcent sur le sujet. Nous avons besoin qu’ils fassent preuve de leadership, d’intelligence et de compréhension des enjeux. On doit agir collectivement. Ils doivent nous dire ce qu’ils entendent faire. Ils doivent nous proposer des actions autant pour le gouvernement, pour les municipalités, pour les industries que pour nous-mêmes.

S’ils ne le font pas, s’ils ne nous proposent pas de feuille de route, nous en serons réduits à dépendre de leur gestion de crise et de leur capacité à improviser. Au quotidien. Ce que nous aura fait vivre la crise de la pandémie sera de la petite bière à côté de ce qui nous attend.

Alors, candidates et candidats, un peu de leadership, s’il vous plaît. C’est bien le moins que vous pouvez nous offrir, si vous aspirez à diriger le Québec.

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