28 février 2022
Grève terminée chez ArcelorMittal : les syndiqués signent un contrat de six ans
Par: Jean-Philippe Morin

Les employés d’ArcelorMittal étaient de retour au travail ce matin, le lundi 28 février. Photo tirée de Facebook

La grève chez ArcelorMittal aura finalement duré 26 jours. Les employés de Contrecœur-Est, de Longueuil et de bureau ont ratifié un nouveau contrat de travail de six ans, le dimanche 27 février.

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Les quelque 800 employés étaient donc de retour au travail lundi matin, eux qui étaient en grève depuis le 2 février dernier. Leur convention était échue depuis le 31 janvier.

Les trois représentants des sections locales des Métallos étaient heureux de cette entente. « Ce contrat est à la hauteur des attentes et surtout, de la détermination de nos membres. C’est une belle victoire de la solidarité », ont lancé, dans un communiqué conjoint, le président de la SL 6586, Jason Braconnier, le président de la SL 8897, François Lévesque et le porte-parole de la SL 8060, Éric Imbeault.

Selon nos informations, le vote est passé à 64 % seulement à Contrecœur, mais à 74 % à Longueuil et à 84 % dans les bureaux.

Hausse de salaire de 26 % en six ans

Les salaires seront haussés de 9 $ sur six ans, soit une hausse d’environ 26 % sur la durée du contrat. Le salaire à la base de l’échelle passera ainsi de 29,93 $ à 38,93 $ l’heure. Le salaire au sommet de l’échelle atteindra 49,92 $ l’heure.

La nouvelle convention collective met à jour la bonification de certaines primes et l’introduction de nouvelles qui, à terme, représentent jusqu’à 2 $ l’heure.

Les assurances collectives sont aussi bonifiées. On note une majoration des montants de différents services des spécialistes de la santé et une augmentation pour les familles de l’assurance-vie et des prestations d’invalidité.

De plus, ArcelorMittal introduit l’horaire de quatre jours de 10 heures, une nouvelle flexibilité de l’heure de relève pour les quarts en rotation et une nouvelle prime pour le samedi. L’entreprise ajoute également de nouvelles pratiques de temps compensé et d’arrêt des usines durant certains jours fériés.

La nouvelle convention collective met fin à la coexistence de deux régimes de retraite pour les nouveaux travailleurs. Dorénavant, les nouveaux syndiqués adhéreront automatiquement au régime de retraite à prestations déterminées, alors qu’auparavant ces derniers devaient choisir entre un régime à cotisations déterminées et un régime à prestations déterminées.

Ce même régime de retraite à prestations déterminées sera bonifié graduellement. La rente passera de 59 $ par mois par année de service à 68 $ par mois par année de service au terme des six ans.

« Nos membres étaient prêts à faire la grève pour améliorer leur sort. Ils ont donné des mandats clairs, ont été solides sur les lignes de piquetage tout comme dans la force des votes qu’ils nous ont donné, en mandat de grève et devant des offres insuffisantes présentées au début du conflit. C’est une grande réussite collective », se réjouissent Jason Braconnier, François Lévesque et Éric Imbeault.

ArcelorMittal applaudit l’entente

Le président-directeur général de l’entreprise, François Perras, considère cette négociation comme alignée aux objectifs de l’organisation.

« Nous sommes dans une nouvelle ère et ArcelorMittal Produits longs Canada adhère aux valeurs du développement durable. Il est important pour nous, oui, de préserver notre planète et de faire de l’acier responsable. Ceci inclut en premier lieu que nous prenions soin de nos gens. En ce sens, nous sommes vraiment fiers des innovations introduites dans ce contrat de travail et comptons sur chacun de nos employé(e)s pour poursuivre le développement de notre entreprise », indique-t-il dans un communiqué de presse.

« Ce nouveau contrat de travail est une avancée pour l’industrie, renchérit Hugues Fauville, vice-président aux ressources humaines. Il permettra l’attraction de la nouvelle génération et la rétention de l’ensemble de nos gens envers qui nous sommes particulièrement reconnaissants malgré le conflit. Nous innovons en mettant de l’avant d’une part, l’équilibre travail et vie personnelle et de l’autre, la flexibilité just-in-time qui nous donne un avantage concurrentiel pour servir nos clients locaux et internationaux. De ce fait, nous adressons concrètement la pénurie de main-d’œuvre à laquelle nous sommes tous confrontés. »

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