10 janvier 2023
Histoire de voyages
Par: Alexandre Brouillard

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives depuis décembre 2021. Photo Simon Ménard

L’année 2022 nous aura permis de reprendre le contact avec l’étranger, de recommencer à voyager et de redécouvrir le plaisir d’être ailleurs. En revenant de quelques semaines en Europe, je réalise qu’elle m’a aussi amené à réfléchir à ce qui me pousse à partir et à repartir encore et encore.

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J’ai beaucoup voyagé, mon premier voyage date de 1985, j’ai visité des dizaines de pays sur les cinq continents. Plus jeune, j’ai même eu la chance de vivre à Jérusalem durant plus de trois ans. Ce sont des expériences qui ont marqué ma vie, bien sûr, et qui ont contribué à ce que je suis devenu au fil du temps.

« Plus tôt aujourd’hui, je suis allé marcher jusqu’à un petit parc situé dans Ammunition Hill. Le temps était clair, on voyait les collines de Judée, la mer Morte et les montagnes de Jordanie. Ça surprend, c’est à côté; comme lorsque, du Mont-Royal, on voit les Laurentides. »

Jérusalem, Israël, 4 octobre 1986

Aujourd’hui, quand j’entends les gens autour de moi me raconter leurs voyages, leurs expériences à l’étranger, je me dis que nous sommes nombreux à faire partie, sans toujours le savoir, de cette catégorie de personnes qui ont des références différentes parce que nous avons eu la chance de vivre à l’étranger. Je suis heureux de voir les jeunes d’aujourd’hui s’intéresser à ce qui se passe dans le monde et à ne pas croire qu’il commence et se termine avec eux.

Rarement mes voyages ont-ils été des « vacances ». Honnêtement, je ne voyage pas pour me reposer. Pour faire un pas de côté, oui. Pour reprendre mon souffle, oui. Mais ils sont surtout des occasions de découvrir, de lire, d’apprendre et de chercher, encore et encore, à comprendre, à saisir ce qui fait nos différences avec des gens d’ailleurs mais aussi ce qui nous lie à eux. Je n’arrive jamais au bout de ma curiosité.

« Mais je suis ébloui par ce pays où on n’a jamais fini d’apprendre et qui force l’humilité. Un pays de six mille ans où les histoires privées font aussi partie de la grande histoire. Un pays qui malgré la pauvreté contient de telles richesses qu’elles deviennent invraisemblables et parfois insoutenables. Un pays où la nature peut être positivement envoûtante et faire oublier la multitude. Un pays où même les couchers de soleil ont un sens. Un pays où il est normal, tout à fait normal, de parler cinq, six ou sept langues et de prier 3000 divinités ou encore un seul dieu.

Un pays difficile à laisser après plus d’un mois… »

Bangalore, Inde, 12 janvier 2020

Ce sont aussi des occasions de rencontres et de discussions impromptues avec des gens surprenants, aux histoires riches et intenses. Des gens qui peuvent penser de façon tellement différente de nous qu’ils nous obligent à revoir nos fondamentaux.

Les voyages, ce sont des moments qui s’additionnent. Des paysages à couper le souffle, des musées aux œuvres extraordinaires, des lieux chargés d’histoire et d’histoires, des portes ouvertes sur des réalités ignorées.

Je n’aime pas revenir, mais j’aime être revenu; reprendre le contact avec la vie d’ici, avec les gens d’ici. Mais, n’empêche, je prépare déjà le prochain départ.

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