10 mars 2022
Changement de carrière en pleine pandémie après une dépression
« Il faut savoir s’écouter » – Marie-Pier Niquette
Par: Jean-Philippe Morin

Marie-Pier Niquette a troqué sa profession d’enseignante au primaire pour celle de courtière en assurance cette année. Photo gracieuseté

De son propre aveu, Marie-Pier Niquette a toujours su repousser ses limites. La Soreloise veut toujours s’en mettre plus sur les épaules. Sauf qu’en début d’année, elle s’est choisie.

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Après avoir terminé son baccalauréat de quatre ans en enseignement en 2017, la femme de 29 ans a enseigné pendant six mois en Saskatchewan. « C’était une très belle expérience! J’aurais continué là-bas, mais je m’ennuyais trop de mes proches, je suis donc revenue enseigner à Sorel-Tracy », explique-t-elle.

Sauf que plus le temps avançait, plus la situation devenait difficile. « J’accumulais sans cesse, mais je réalisais de plus en plus que j’étais malheureuse au travail et que ce n’était pas fait pour moi. Pour être honnête, ça faisait quatre ans que je regardais les offres d’emploi sans faire le move. Quand une occasion se présentait, j’avais trop à perdre, comme des vacances ou du salaire », aborde l’enseignante au primaire.

Les matins, elle angoissait à l’idée d’aller travailler. Elle se réveillait la nuit en pleurant. Le dimanche, elle tremblait à l’idée de retourner en classe le lendemain. Au retour de son congé de maternité, la situation était pire.

« C’était l’arrivée de la COVID, je devais réapprendre une routine en pandémie. C’était trop, j’allais travailler de reculons et j’ai fait un burn-out. J’étais en arrêt de travail depuis trois mois, et juste à passer devant l’école, j’en shakais », raconte-t-elle sans tabous.

Appui de ses proches

Le déclic pour changer sa vie professionnelle à 180 degrés s’est alors fait au Jour de l’An 2022. « Tout le monde m’appuyait : mes amies, ma famille, mon chum. Tout ce qu’ils me souhaitaient, c’est ce que je m’épanouisse en 2022. Toutes les autres sphères de ma vie allaient bien, sauf le travail. C’était le point tournant pour repartir à neuf », indique-t-elle.

Sa voisine, qui a été témoin de sa dépression, lui a alors mentionné qu’elle connaissait quelqu’un dans le domaine des assurances. C’est alors que son aventure chez Claude Lemoine Assurances a débuté.

« Quand je suis entrée dans le bureau, ç’a cliqué tout de suite. C’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie. Je suis plus joyeuse et je ne stresse plus pour rien. À la longue, ça devenait lourd aussi pour mon entourage tout ça. Je finissais de travailler à 15 h et j’étais bête jusqu’à ce que je me couche. Ce sont mes proches qui m’ont aidée là-dedans », raconte-t-elle.

Pour l’instant, elle est en formation au travail. Elle passera son examen le 16 mars prochain afin de devenir officiellement courtière en assurance.

Gérer la pression

Marie-Pier Niquette l’admet : il est de nature féminine de tout vouloir bien faire, mais parfois, il faut s’écouter.

« J’ai le don de tout le temps m’en mettre sur les épaules. Quand j’en ai beaucoup, je me rajoute quelque chose, comme l’organisation d’un tournoi de dek hockey. Je veux toujours plaire, être la meilleure dans tout et ne pas laisser voir mes faiblesses, mais un moment donné, il faut savoir s’écouter et arrêter pour mieux repartir. C’est ce que j’ai fait : je me suis choisie et j’ai choisi ma famille », conclut-elle.

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