22 février 2022
Victoire émotive de son fils Charles Hamelin en patinage de vitesse à Beijing
« Je suis tellement fière » – Manon Goulet
Par: Jean-Philippe Morin

Manon Goulet, qui arbore le chandail du Canada, a supporté son fils Charles Hamelin, sextuple médaillé olympique, tout au long de sa carrière. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Charles Hamelin était ému après sa dernière victoire en carrière aux Jeux olympiques. Photo Radio-Canada

Dans son salon de la rue Sheppard à Sorel-Tracy, Manon Goulet ne tenait pas en place. Elle a vécu la dernière course olympique de son fils Charles Hamelin d’une façon très intense, le 16 février dernier, lui qui a survolé la glace à Beijing au relais 5000 m en compagnie de ses coéquipiers de l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste.

Publicité
Activer le son

« J’étais assise là, mentionne-t-elle en pointant son divan à notre journaliste. Mais en fait non, je n’étais pas capable de m’asseoir! (rires) Côté émotions, c’était la pire de toutes [les courses]! Ça n’avait pas bien été au 1500 m la semaine d’avant, donc c’était sa seule chance de médaille à ses derniers Jeux olympiques. Mon cœur de maman n’a jamais battu aussi vite que ça! Je suis tellement fière. »

La course s’est déroulée comme prévu, alors que le Canada était au troisième rang durant la première moitié. Deux dépassements en quelques tours ont permis à Charles Hamelin et sa bande de grimper en première position et de la garder jusqu’à la toute fin.

Le Canada était favori pour cette épreuve étant donné les succès obtenus en coupe du monde. Malgré tout, l’inquiétude est toujours présente. « La nuit d’avant, je me faisais plein de scénarios. Tout d’un coup qu’untel est disqualifié ou qu’untel tombe… Finalement, c’était la course parfaite. J’ai vraiment senti qu’il s’était amusé avec ses coéquipiers », se réjouit Manon Goulet.

Une grande carrière

Charles Hamelin, 37 ans, conclut donc sa carrière olympique avec six médailles – dont quatre d’or – en cinq Jeux. Le moment le plus spécial pour Manon Goulet est certes la victoire du Canada au relais à Vancouver en 2010, alors que ses deux fils, François et Charles, y participaient.

« Mon autre fils Mathieu était aussi avec nous sur place, c’était vraiment quelque chose de spécial. Mais cette dernière course à Beijing était spéciale aussi, même si je l’ai vécue à plus petite échelle. De voir l’émotion de [son entraîneur] Marc Gagnon, c’était vraiment touchant. De voir sa réaction quand il a vu sa copine Geneviève [Tardif] et sa fille [Violette] en entrevue à Radio-Canada, c’était tellement beau. Je réécoute ça et j’ai toujours les mêmes émotions », raconte-t-elle.

Un support inconditionnel

Cette grande carrière a débuté quand Charles était très jeune. « Lui et François en mangeaient! Quand je leur disais qu’ils n’auraient pas de patin s’ils ne faisaient pas leurs devoirs, ils rentraient vite dans leur chambre pour les faire! (rires) C’est sûr que le patin, ç’a toujours été leur vie, mais ç’a toujours été la mienne aussi. Leur père et moi, on les accompagnait là-dedans, plusieurs heures par semaine, pour qu’ils suivent leur passion », indique la Soreloise d’adoption.

Et son rôle dans les succès de Charles? « Côté conseils, c’est son père! Il est dans le domaine. Moi, il m’appelle pour jaser, pour relaxer ou même pour parler d’autre chose. Je suis là pour l’écouter et l’épauler. Par exemple, avant sa dernière course, il m’a juste texté pour me dire : « Ça y est maman, c’est parti, je suis dans l’autobus« . Je lui ai réécrit : « OK mon grand, on est derrière toi, ça va bien aller ». Je ne veux pas trop le déranger quand il est en compétition, on va avoir le temps en masse d’en profiter à son retour », ajoute Mme Goulet.

Après avoir vécu une bonne partie de sa vie dans les arénas, il n’est pas exclu que Manon Goulet recommence à y aller plus souvent dans les prochaines années. « Mon petit-fils de 4 ans Roméo [le fils de François] a commencé le patin de vitesse il y a deux ans! Il est très bon. Je pensais que c’était fini les arénas… Mais non! », rigole-t-elle.

Maintenant que les Jeux sont derrière Charles Hamelin, il ne reste qu’une étape avant d’officialiser la retraite : la Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste, qui se déroule à Montréal en mars. Toute la famille descendra du Lac-Saint-Jean pour assister à ce moment. « La locomotive de Sainte-Julie est arrivée à destination! », conclut Manon Goulet, avec fierté.

image