22 avril 2020 - 01:01
Journée de la Terre… journée de réflexion
Par: Deux Rives

Normand Gariépy offre une chronique sur l'environnement à l'occasion du Jour de la Terre du 22 avril. Photo Philippe Manning

Par Normand Gariépy, chroniqueur

Quand j’étais enfant, je me rappelle de notre laitier de quartier, M. André Péloquin, qui pratiquait déjà cette grande nouveauté que nos paliers de gouvernement viennent de découvrir, la réutilisation et la récupération.

Le grand-papa Chalifoux et fondateur de la Laiterie Chalifoux, M. Jean-Paul Chalifoux tout comme M. André Péloquin, récupérait pintes de lait et boites d’œufs pour les réutiliser. Il le faisait tout naturellement et rendait un grand service à la communauté. Qui plus est, cette responsabilité sociale qu’ils s’obligeaient, Messieurs Péloquin et Chalifoux, ils l’ont appliquée pendant des décennies et transmise à la génération qui a suivi.

Je me rappelle aussi le temps où nous élevions des poules pondeuses à l’arrière de notre résidence à Sainte-Anne-de-Sorel. Que ce soit les gens qui arrêtaient en passant ou lors de mes livraisons dans le village, tous se faisaient un devoir de conserver la boite d’œufs pour l’échanger contre une nouvelle. Les gens allaient jusqu’à s’excuser quand le plus jeune l’avait utilisée pour exercer ses talents artistiques. De façon volontaire, ces mêmes gens allaient jusqu’à me verser 10 sous pour compenser la perte d’une boite d’œufs.

Pendant une période, nous avons malheureusement perdu cette préoccupation en dirigeant tout dans le sac de « poubelles ». Par la suite, nous avons accepté, accompagnés par nos municipalités, de participer à la collective sélective. Cependant, force est de constater que tout ne s’arrêtait pas à cet effort collectif.

Un communiqué du Congrès américain rapporte un geste important venant de nos voisins. Le 11 février 2020, le membre du Congrès Alan Lowenthal et le sénateur Tom Udall déposaient une législation historique pour se libérer de la pollution des plastiques. Il est le premier projet de loi sur la pollution plastique au Congrès. Le projet de loi comporte un large volet mettant de l’avant la responsabilité des producteurs. Ces derniers devront financer, concevoir et mettre en œuvre des programmes pour collecter et traiter les matières qu’ils produisent.

Le même jour, le 11 février dernier, en conférence de presse, le ministre de l’Environnement, M. Benoît Charette, annonçait la modernisation du système de collecte sélective au Québec. Dans un communiqué du ministère, il est mentionné que cette modernisation est fondée sur le principe de la responsabilité élargie des producteurs. Il est aussi rapporté que la modernisation du système de collecte sélective est complémentaire à l’élargissement de la consigne annoncé par le premier ministre, M. François Legault, et le ministre Charette, le 30 janvier dernier. Ces deux systèmes visent à permettre la prise en charge efficace de l’ensemble des contenants, emballages, imprimés et journaux mis en marché au Québec et de les diriger vers des filières performantes de recyclage et de valorisation.

Je tiens ici à saluer l’initiative du ministre Charette d’avoir inclus la responsabilité des producteurs dans une modernisation de notre collecte sélective. Cependant, la responsabilité des producteurs, nouveaux créneaux de nos politiciens afin de participer au sauvetage de la planète, doit reposer sur l’obligation des producteurs de mettre en marché un produit dans un emballage ou un contenant recyclable ou réutilisable. Ces mêmes producteurs doivent, si même la filière de récupération et de valorisation n’existe pas, créer cette filière pour que toute matière mise en marché soit récupérée, recyclée ou réutilisée. Il faudra aussi que nous, comme consommateur, encouragions prioritairement les entreprises qui feront cet effort en priorisant l’achat de biens de consommation provenant de ces entreprises responsables.

En cette journée de la Terre, saluons les initiatives en cours sur notre territoire.

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