12 juin 2018 - 08:19
Crise à Sainte-Victoire-de-Sorel
La gestion du camp de jour met le feu aux poudres
Par: Julie Lambert

Une photo de l'état des lieux de la Base plein air Ville La Joie comprise dans le rapport. (Photo : Gracieuseté)

Les citoyens de Sainte-Victoire-de-Sorel ont fait savoir leur mécontentement aux membres du conseil municipal concernant leur gestion du camp de jour cette année. En quelques semaines, l’emplacement est passé du Centre récréatif Lemay-Tellier à la Base plein air Ville Lajoie pour revenir au centre municipal en raison de plaintes des parents et d’un rapport du technicien en loisirs remettant en doute la sécurité des enfants.

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Le 18 mai, le technicien en loisirs est allé sur le terrain de la Base Ville Lajoie afin d’évaluer les installations et pour prévoir la programmation du camp de jour. Lors de la visite, Martin Doucet a constaté que sur les 33 pistes d’hébertisme, seulement cinq étaient conformes au niveau de la sécurité.

Il a préparé un rapport et l’a présenté au conseil municipal le 23 mai. Dans cette présentation d’une vingtaine de pages, dont le journal Les 2 Rives a obtenu copie, on peut voir entre autres des sentiers non dégagés, des jeux endommagés avec des clous proéminents et des terrains accessibles encombrés de détritus comme une bouteille de propane.

« On a noté plusieurs anomalies et non-conformités dans les installations et sur les pistes d’hébertisme. Il était clair, vu l’état du site, que c’était impossible de le rendre sécuritaire avant le début du camp de jour. Notre priorité, c’était la sécurité des enfants », a expliqué l’ancien technicien en loisirs, Martin Doucet.

À la suite de ce rapport, la municipalité a décidé de revenir une fois de plus au centre récréatif et une résolution a été votée le 4 juin. Lors de l’assemblée publique, une soixantaine de personnes se sont présentées pour déplorer le cafouillage du conseil et leur inquiétude de devoir trouver une autre option, car ils ne souhaitaient pas envoyer leurs enfants à la Base plein air.

« La décision a été unanime. On ne pouvait pas envoyer les enfants là-bas. Le rapport disait qu’il y avait des problèmes de sécurité et c’était évident, alors on a décidé de revenir sur notre décision », a expliqué le maire Michel Aucoin.

Un moyen de survivre

Selon les membres du conseil interrogés sur leur décision lors de la séance extraordinaire du 7 juin, aucune visite ou inspection n’a été réalisée avant de signer le premier contrat en janvier. Le conseil a aussi pris cette décision pour tenter de venir en aide à l’organisme de la Base Ville Lajoie qui vivrait actuellement des difficultés financières.

« On voulait les aider, mais on n’a pas le droit de leur donner 5000$. L’an dernier, on a envoyé les enfants deux semaines là-bas et les parents avaient été très satisfaits. On s’est basé là-dessus, mais les enfants étaient âgés de 10 ou 12 ans. Pour des enfants de cinq ans, ce n’était peut-être pas idéal. On s’est ravisé », a plaidé le maire Aucoin.

Le directeur général de l’organisme, Serge Lavoie, a confirmé que d’accueillir le camp de jour dans ses installations faisait partie d’un plan de redressement.

« On avait d’autres options, comme de mettre sur pied un bingo, qui est déjà commencé. On essaie d’attirer une nouvelle clientèle. Nous faisions déjà un camp de jour une fois par année avec la municipalité et on n’a jamais eu de problèmes », a assuré le directeur général.

La Ville ayant résilié son contrat, M. Lavoie n’écarte pas la possibilité de poursuivre la municipalité.

« Nous sommes allés défendre notre point de vue lors de la dernière réunion du conseil. On a rénové nos installations en 2015. Nous n’aurions pas permis que les jeunes fassent des jeux ou des parcours s’ils n’étaient pas en sécurité. Nous n’avons encore rien reçu pour nous annoncer la décision. Il va y avoir une suite, c’est certain, mais on ne sait pas encore laquelle. On va essayer de rencontrer le conseil et d’avoir accès au rapport », a commenté Serge Lavoie.

La directrice générale adjointe de Sainte-Victoire-de-Sorel, Stéphanie Dumont, a confirmé que le contrat était actuellement analysé par les avocats de la municipalité. « Il y a une clause dans le contrat disant que si les jeux n’étaient pas conformes, on peut annuler le contrat. Les installations n’ont pas été rénovées malgré qu’on nous ait dit le contraire », a conclu le maire Michel Aucoin.

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