6 février 2024 - 08:12
Deuxième commerce à fermer en quelques mois au centre-ville
La Grande Ourse cessera ses activités à cause d’une hausse de 40 % de son loyer
Par: Alexandre Brouillard

D’ici la fermeture, tout le matériel de La Grande Ourse est en liquidation. Photo tirée de Facebook

La propriétaire Catherine Doyon avait accueilli un prix lors du plus récent Gala du mérite économique. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Plongé dans une cure de jouvence de grande envergure, le centre-ville de Sorel-Tracy perdra un nouveau commerce, après le magasin Korvette en décembre, alors que la boutique La Grande Ourse fermera définitivement ses portes le 29 février à cause d’une hausse de 40 % de son loyer.

« Pour ma santé mentale, mais aussi celle de toutes les personnes impliquées dans le projet, j’ai pris la décision de fermer les portes de notre entreprise qui devait, d’abord et avant tout, venir en aide aux personnes démunies de la région et sensibiliser la population à un mode de vie plus sain pour la planète », a annoncé sur Facebook Catherine Doyon, la propriétaire de la boutique.

Selon elle, le nouveau propriétaire du 52, rue Augusta, Optimisation MHD inc., privilégie son profit au détriment de la mission sociale de La Grande Ourse.

« Malheureusement, il s’agit de gens de l’extérieur qui n’ont pas à cœur le centre-ville de Sorel et ne comprennent pas l’importance d’avoir une entreprise qui vient en aide à la population comme nous le faisions », déplore-t-elle.

Catherine Doyon a précisé en entrevue que le prix par mois de son local passait d’environ 800 $ à 1370 $. « Je ne fais pas de profit avec La Grande Ourse, admet-elle. J’ai une employée et on réinvestit tout dans la boutique. À la fin, j’arrive à zéro. »

La propriétaire prévient qu’elle aurait été prête à accepter une légère augmentation, mais pas celle demandée par le propriétaire. Elle confie que le nouveau loyer exigé aurait engendré un déficit de 500 $ par mois.

De plus, Catherine Doyon n’a pas envisagé de déménager sa boutique dans un autre local. « Je suis enceinte de mon troisième enfant. Je ne voulais pas me lancer dans ce processus. En plus, ce sont beaucoup de frais et de travail », explique-t-elle.

Plusieurs mois de difficultés

En octobre, Catherine Doyon avait lancé un cri du cœur, annonçant que sa friperie, boutique et salon de thé était dans une impasse financière. Sa survie était mise à risque par les travaux d’aqueduc et d’égout au centre-ville.

Elle avait lancé une campagne de sociofinancement GoFundMe intitulée « La Grande Ourse » pour assurer la survie de sa friperie, qui a vu le jour en 2018. Elle souhaitait amasser 3500 $, mais en date du 5 février, seulement 950 $ avaient été récoltés.

Rappelons que La Grande Ourse avait remporté le prix de la catégorie Commerce de détail – 4 employés et moins lors de la dernière mouture du Gala du mérite économique, le 29 avril 2023.

Préoccupations à la Ville de Sorel-Tracy

Le maire de la Ville de Sorel-Tracy, Patrick Péloquin, admet que cette nouvelle fermeture d’un commerce situé au centre-ville l’attriste. « C’est une belle initiative populaire que les gens aiment, notamment en raison de sa mission. On est donc triste de ce qui se passe, surtout parce que c’est dû à une hausse de loyer », confie-t-il.

La Grande Ourse sera le second commerce situé au centre-ville à fermer boutique dans l’espace de quelques semaines. En effet, à la fin décembre, le magasin Korvette avait été dans l’obligation de fermer pour de bon, car il n’avait pas été en mesure de renouveler son bail aux conditions proposées par le propriétaire.

Sa fermeture avait été décriée par plusieurs personnes, lorsqu’annoncée à l’automne 2023. Les deux bâtiments appartiennent à des gens de l’extérieur. Le 52, rue Augusta (Grande Ourse) appartient à Optimisation MHD inc. qui est enregistré à Châteauguay. Le 49, rue du Roi (anciennement Korvette) appartient aux Placements Fendal ltée qui est enregistré à Ville Saint-Laurent.

Le maire assure que la Ville tentera d’entrer en contact avec le nouveau propriétaire du 52, rue Augusta pour « connaître son plan de match ». « On va vouloir ouvrir le dialogue avec lui, soutient Patrick Péloquin. Mais on est limités dans nos capacités d’agir. On ne peut pas subventionner tous les commerçants. »

Alors que d’autres bâtiments ou locaux, comme l’ancien Cyrille-Labelle, sont toujours vacants, le maire réitère que le centre-ville est au cœur des préoccupations. « On cherche une solution structurante et on étudie les alternatives. On veut un centre-ville vivant, avec des gens qui y travaillent. Il y a plusieurs avenues économiques. L’entreprise Descartes en est un bel exemple. Il y a aussi le projet sur l’ancien terrain du Saint-Thomas », conclut-il.

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