21 février 2023 - 08:01
La persévérance et moi
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

La semaine dernière était celle de la Persévérance scolaire. Toute jeune, je détestais ce mot. Il sonnait comme sévérité, entrave. Il appartenait au monde des adultes qui le prêchaient. Pas au mien! Bien sûr, mon idée a changé depuis.

Tout a commencé quand j’avais 12 ans, grâce à un prof extraordinaire de littérature française. M. Provencher enseignait non seulement les auteurs, mais leur époque et leurs contemporains artistes. J’y ai développé cette curiosité puis cette passion qui dure encore pour les livres, les arts, l’histoire et la vie des sociétés de toutes les époques. Elle m’a poussée vers les sciences humaines et sociales. Et m’a finalement mené au journalisme. Ce que je n’aurais jamais soupçonné au départ.

J’ai aussi eu des parents qui m’avaient communiqué leur goût de lire et qui s’intéressaient à ce que je faisais. Et s’ils étaient préoccupés de mes résultats scolaires, ils les commentaient peu, m’invitant plutôt à me demander chaque fois s’ils étaient satisfaisants pour moi. Ainsi me confiaient-ils le soin d’en tirer satisfaction ou… gêne, sans me comparer aux autres. Comme ils questionnaient mes façons de redresser les résultats que je trouvais poches. C’était leur façon de me motiver à apprendre plus, à me lancer de petits défis. Ils étaient vraiment avant-gardistes!

Aujourd’hui, la persévérance scolaire est à l’agenda quotidien. Dès le primaire, on incite les élèves à faire preuve de constance face aux difficultés. Comment s’assurer de trouver les bons moyens pour qu’ils l’adoptent et ne décrochent pas un jour?

Des spécialistes proposent des approches allant de la carotte au bâton. Je suis plutôt partisane de la première. Je crois qu’elle rejoint plus les élèves en difficultés ponctuelles ou prolongées. Qui n’en vit pas?

Cependant plusieurs, devant l’échec, oublient les petites victoires déjà remportées et la façon dont ils y sont parvenus. C’est aux adultes qui les entourent de leur faire réaliser que les échecs font aussi partie de l’apprentissage. Même de leur en donner l’exemple.

Je me souviens aussi qu’ado, je n’avais pas d’objectif à long terme sinon réussir ma vie, d’être heureuse. Je n’avais aucune idée de la façon d’y arriver. Je n’avais pas, comme les sportifs de mon âge, des modèles inspirants qui auraient stimulé ma motivation, voire éveillé un esprit de compétition stimulant.

C’est vraiment dans les activités parascolaires – travail, journal étudiant, association étudiante – que je l’ai trouvé. Je savais désormais où aller, ne pas lâcher avant d’obtenir des résultats intéressants.

Aujourd’hui, les jeunes ont tellement de formations possibles vers lesquelles s’orienter. Ils doivent très tôt choisir des cours qui restreindront leur cheminement académique ultérieur. S’ils se trompent, ils doivent retourner à la case départ. D’où l’importance de pouvoir compter sur des personnes de confiance avec qui en discuter. Bien souvent, ils ne les trouvent pas à la maison, leurs parents s’y sentant incompétents, ayant souvent détesté l’école ou vivant des difficultés de tout acabit.

Ils doivent donc pouvoir compter sur d’autres adultes signifiants qui les aideront, sans jugement, à reprendre la route. D’où l’importance de suppléer à l’occasion pour apprendre à ces jeunes à se faire confiance, à assumer des responsabilités, mais aussi à se donner des méthodes de travail qui devraient alléger leurs apprentissages. Cela vaut pour l’école. Mais aussi pour vous et moi. Ainsi toute notre collectivité en bénéficiera!

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