19 janvier 2023
« La violence conjugale, c’est loin d’être que des coups » – Lucie Hénault
Par: Jean-Philippe Morin

La prévention est la clé pour prévenir la violence conjugale, croient Lucie Hénault et Louise Plante, de la Maison La Source et la Maison Le Passeur. Photo freepik.com

La Maison La Source et la Maison Le Passeur de Sorel-Tracy ont plusieurs objectifs en commun, dont celui de prévenir les actes de violence conjugale. Les deux ressources communautaires ont pris les grands moyens pour y arriver.

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Depuis août 2022, une cellule d’intervention rapide est en place dans la région. Elle réunit la Maison La Source, la Maison Le Passeur, la Traversée, le CISSS de la Montérégie-Est, le CJE, la Sûreté du Québec, la DPJ et le CAVAC. « Le but est de coordonner nos actions », affirme la directrice générale de la Maison La Source, Lucie Hénault.

L’automne dernier, La Maison La Source, qui s’occupe de recevoir des femmes victimes de violence conjugale, et la Maison Le Passeur, qui reçoit des hommes ayant des comportements violents, ont lancé une offensive publicitaire conjointe, notamment avec des publicités dans le journal Les 2 Rives, afin de mettre l’accent sur la prévention.

« Parfois, on reçoit des hommes qui ne savent pas qu’ils ont des comportements violents. S’ils sont sensibilisés en partant et qu’on focusse sur la prévention, on peut éviter d’en arriver à des épisodes violents », insiste la directrice générale de la Maison Le Passeur, Louise Plante.

« La sensibilisation, c’est aussi pour l’entourage qui peut voir ou entendre des choses. La violence conjugale, c’est loin d’être que des coups. Ce sont des phrases qui blessent ou des actions qui, isolément, peuvent paraître anodines. On entend souvent chez nous : « j’avais des indices, comment ça se fait que je ne l’ai pas vu venir. » C’est parce que c’est une succession de petites choses », ajoute Mme Hénault.

De nos jours, d’autres moyens de contrôle se sont ajoutés, comme la cyberintimidation et la géolocalisation. C’est pourquoi les deux directrices insistent pour qu’autant les hommes que les femmes utilisent leurs ressources le plus tôt possible.

« Les hommes, ce n’est pas dans leur nature de demander de l’aide. Notre rôle, c’est aussi ça, de dire qu’il n’y a pas de honte à venir vers nous », assure Mme Plante.

« Il faut que les jeunes, dès le début de leur relation, soient de plus en plus sensibilisés aux rapports égalitaires. Les besoins de l’un ne devraient pas primer sur les besoins de l’autre », renchérit Mme Hénault.

Des services prisés

Chaque intervention est personnalisée, avancent les deux directrices. « Nos intervenants font des approches individualisées. On y va avec la réalité de chacun parce qu’il n’y a pas une situation qui est pareille. La violence, ça s’apprend quelque part. On regarde pourquoi l’homme peut banaliser la violence et d’où ça peut partir. Il y a toujours quelque chose qui l’explique », soutient Louise Plante.

Après deux ans de pandémie, les services de la Maison La Source et de la Maison Le Passeur sont toujours aussi nécessaires. Le Passeur a d’ailleurs gardé son service en fonction pendant les Fêtes afin que les hommes puissent continuer à avoir une voix au bout du fil en cas de détresse. À La Source, le taux d’occupation a été de 100 % durant la majorité de l’année 2022.

Louise Plante est fière que la Maison Oxygène, qui relève de la Maison Le Passeur et qui a ouvert ses portes en mai 2021, soit au maximum de sa capacité depuis son ouverture il y a près de deux ans. Les trois appartements sont toujours occupés et les hommes peuvent y héberger temporairement en attendant de repartir sur de bonnes bases.

« Ça complète vraiment nos services. En hébergeant l’homme ici, on peut le prendre en charge, l’observer et bien l’outiller en lien avec leurs comportements violents, mais aussi pour les aider avec leur enfant », conclut Mme Plante.

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