5 avril 2022
L’agroalimentaire doit être une priorité
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Plusieurs articles de cette édition du journal Les 2 Rives traitent d’agriculture. C’est une belle occasion de se rappeler que 90 % du territoire de la MRC de Pierre-De Saurel est en zone agricole et que l’agroalimentaire est le deuxième vecteur économique de la région, après la métallurgie.

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En 2018, le gouvernement du Québec a adopté sa Politique bioalimentaire 2018-2025, intitulée Alimenter notre monde. En s’appuyant sur la vitalité de l’agriculture québécoise, le gouvernement lançait un appel aux territoires de MRC pour qu’ils contribuent à la prospérité du bioalimentaire.

Déjà en 2016, à l’initiative de maires qui étaient également des producteurs agricoles, la MRC a élaboré puis adopté un Plan de développement de la zone agricole (PDZA) et avait ainsi une longueur d’avance. Malheureusement, ce plan a été mis sur la glace en 2019 avec le retrait de la Ville de Sorel-Tracy. Pourtant, notre MRC était une des premières au Québec à se doter d’un PDZA, réalisé en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur agricole et bioalimentaire de la région.

En 2020, à travers le Québec, et même dans des régions où la part de l’agriculture est moins importante dans l’activité économique locale, 77 des 86 MRC du Québec avaient adopté un PDZA. En n’allant pas de l’avant avec son PDZA, notre région prend du retard et néglige ses obligations. Il est temps de s’y remettre.

La pandémie a fait prendre conscience aux Québécois de l’importance de l’alimentation et de l’achat local. Partout, on voit que les gens s’intéressent à l’agriculture urbaine, à l’alimentation de proximité et à l’autonomie alimentaire. Le coût du panier d’épicerie est de plus en plus élevé et constitue une préoccupation pour de nombreuses familles.

L’obligation d’y travailler est donc encore plus grande. Au regard de cette réalité, le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries (MAPAQ) soutient depuis la dernière année des Plans de développement de communautés nourricières.

Ailleurs au Québec, les exemples foisonnent d’initiatives extrêmement stimulantes. Huit municipalités de la MRC de Brome-Missisquoi ont démarré ensemble un projet-pilote pour leur permettre d’être reconnues comme des communautés nourricières. La Ville de Contrecœur vient également d’annoncer son intention de travailler dans le même sens.

Est-ce qu’il ne serait pas pertinent de reprendre le travail pour le développement de l’agroalimentaire dans la région pour mettre à jour le PDZA, les choses ont sûrement évolué depuis 2016 et il faut en tenir compte, puis d’y ajouter un volet de communautés nourricières?

Rappelons ce qui était important pour le Conseil de la MRC lors de l’adoption du PDZA en 2016 :

  • La préservation de la zone agricole;

  • La pérennité et la prospérité des entreprises agricoles;

  • La reconnaissance des retombées socio-économiques et la fierté des produits locaux;

  • L’engagement et le leadership régional à promouvoir et à accroître les retombées économiques du secteur;

  • La synergie entre la population urbaine, rurale et agricole.

Tout cela tient encore.

On peut regretter que la décision de la Ville de Sorel-Tracy de se retirer du PDZA ait freiné les démarches concertées en vue du développement de la zone agricole; mais le temps n’est plus aux regrets. Notre région doit maintenant joindre le grand mouvement qui traverse le Québec et qui vise à favoriser l’autonomie alimentaire.

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