En fait, il avait déjà raconté Trois histoires de bravoure, relatant le parcours de soldats canadiens français, dont Jean Brillant, d’ailleurs, décorés de la Victoria Cross. Outre Joseph Kaeble, on parle donc de Jean Brillant et du major Paul Triquet, ce dernier qui s’est illustré par sa bravoure lors de la Deuxième Guerre mondiale. Fait étrange, ils sont tous originaires du Bas-Saint-Laurent.
Cette fois, dans son 26e ouvrage, Luc Bertrand s’est intéressé plus particulièrement et en détails à Joseph Kaeble, caporal du 22e bataillon, qui a reçu la Victoria Cross, mais à titre posthume. « Joseph Kaeble est devenu célèbre notamment par cette décoration, et c’est d’autant plus méritoire qu’elle a rarement été attribuée à un Canadien français », mentionne d’entrée de jeu Luc Bertrand, qui rappelle que la Victoria Cross est remise depuis 1856 dans les pays du Commonwealth. « Sur les 81 Canadiens qui ont obtenu la Victoria Cross, seulement les trois Canadiens français, mentionnés précédemment, l’ont donc obtenue », fait remarquer M. Bertrand.
Dans cette biographie, intitulée Au-delà du devoir, la vie du caporal Joseph Kaeble, Luc Bertrand raconte le parcours de ce soldat, de sa ville natale dans le Bas-Saint-Laurent jusque sur les champs de bataille où il a perdu la vie dans les tranchées. « Son histoire est typique des Canadiens français ayant pris part à une guerre. D’abord, il était volontaire et il détestait foncièrement les Allemands », raconte Luc Bertrand.
Mais pourquoi s’intéresser à des soldats? « Je me sentais obligé de le faire parce que, étant jeune, ce sont des livres que j’aurais aimé lire. Quand j’avais 15 ans, je suis allé visiter la Citadelle de Québec et je me suis intéressé à la chose militaire à partir de ce moment », justifie Luc Bertrand.
Joseph Kaeble est mort et a joint l’au-delà en faisant son devoir, d’où le titre. Il avait fait un testament avant de quitter Sayabec, sa ville de résidence, comme le font les militaires au moment de leur enrôlement. Toutefois, pensait-il vraiment qu’il pourrait mourir au combat? Les lettres, que Luc Bertrand a parcourues en long et en large, reflètent un optimisme indéniable, mais aussi un réalisme certain. Il parle souvent de son retour au pays et du plaisir qu’il aura à revoir ceux qu’il aime, mais il n’exclut pas pour autant la possibilité d’être un jour fauché par l’ennemi.
« Je demande tous les jours à Dieu de pouvoir vous revoir, ce qui ne m’empêche pas de faire mon devoir au front. Il ne faut avoir peur que du bon Dieu. Ici on n’a peur de rien, à part Dieu », lit-on dans une lettre datée du 29 septembre 1917.
Au-delà du devoir, la vie du caporal Joseph Kaeble sort en librairie en avril prochain. Actuellement, Luc Bertrand peaufine une biographie autorisée sur le chanteur Pierre Lalonde qui devrait être publiée en 2026. « J’ai fait pas mal le tour avec la guerre et je me documente, ces temps-ci, sur les trois frères Kennedy », dévoile Luc Bertrand.