12 avril 2022
Le syndrome du pissenlit
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

La question des changements climatiques nous semble irréelle, éloignée. D’autant plus que le gouvernement du Canada a autorisé cette semaine un nouveau projet d’extraction de pétrole à Bay du Nord, à Terre-Neuve. Si les gouvernements n’agissent pas, que pouvons-nous changer, nous?

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Cette semaine, le GIEC a produit un rapport qui a fait beaucoup de bruit et qui, en gros dit ceci : si on ne pose pas dès maintenant des gestes importants pour limiter les gaz à effet de serre (GES), en baissant radicalement la consommation d’énergie fossile (charbon, gaz et pétrole), il sera impossible de limiter à 1,5° C la hausse des températures pour 2050.

Le GIEC dépend de l’Agence des Nations Unies pour l’environnement et réunit 195 pays, qui ont d’ailleurs adopté le rapport en question. Les experts qui le composent sont certainement les plus crédibles de la planète; pas vraiment des hippies en goguette.

Et voilà que l’actualité régionale des dernières semaines nous montre deux exemples concrets pour lesquels, très simplement, nous pourrions localement, individuellement et collectivement, faire une différence.

Connaissez-vous le Défi Pissenlits suggéré par la MRC? On nous recommande de ne pas tondre le gazon au mois de mai et de laisser pousser librement les pissenlits pour permettre aux abeilles et autres insectes d’effectuer leur travail de pollinisateurs. J’entends déjà les hauts cris! Dieu sait combien nous avons grandi avec cette haine viscérale du pissenlit. Une belle pelouse verte avec rien qui ne dépasse. Si on embarquait, on ferait un tout petit geste qui ne demande pas beaucoup d’efforts de notre part, mais qui peut avoir un impact véritable sur la biodiversité.

Paul Messier, dans la lettre ouverte publiée aujourd’hui dans cette édition, nous parle justement avec intelligence de cette biodiversité en élargissant le débat sur le fameux boisé du cimetière anglican. Il écrit : « Il n’y a rien de plus vivant qu’un arbre mort » pour l’illustrer et rappeler que cette histoire ne concerne pas que les arbres, mais le boisé tout entier, parce qu’il s’y trouve toute une vie. Il faut préserver cet espace de biodiversité dans la ville et pas que pour sauver des arbres.

Le Conseil de Ville, à Sorel-Tracy, doit travailler à une Politique de l’arbre, a-t-on promis lors de la campagne électorale de l’automne dernier. Il pourrait plutôt travailler à une politique visant à protéger et favoriser la biodiversité. J’ai été surpris de voir combien ce dossier a suscité de réactions chez les citoyens, ce qui est d’ailleurs réjouissant. Le Conseil aurait sûrement l’appui de la population.

Sorel-Tracy pourrait faire preuve de leadership en proposant aux autres municipalités de la MRC cette approche de protection de la biodiversité dans les dossiers des milieux humides, des cours d’eau et du couvert forestier. Faire ces efforts au palier municipal pourrait motiver les citoyens à faire les leurs.

C’est ce qui semble le plus difficile à faire, des efforts. L’impact des changements climatiques commence déjà à se faire sentir. Les experts nous prédisent des chocs importants, avec lesquels nous et ceux qui nous suivront devront vivre.

Alors, cette année, vous et moi, on fait quoi avec les pissenlits? Si nous ne faisons pas cet effort, quels autres efforts serons-nous prêts à faire?

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