7 juin 2022
L’enjeu est clair
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Visiblement, le conseil municipal sorelois veut redonner confiance en cette administration affaiblie par la crise qui la secoue depuis plusieurs semaines.

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Confiance à ses citoyens ébranlés d’apprendre que leur maire avait indument posé un micro dans le bureau du greffier et de constater que l’harmonie maire-conseillers s’avérait plutôt factice.

Mais le conseil veut surtout démontrer clairement à la Commission municipale du Québec que même si ses membres étaient tous des candidats indépendants à l’élection de novembre 2021, ils sont capables de travailler ensemble. Que la ville n’a pas être mise en tutelle, comme cela pourrait arriver. Qu’ils voient à ce que la plupart des dossiers suivent leur cours.

Lors d’une assemblée extraordinaire la semaine dernière, ils ont clairement pris leurs distances face à des organismes qui ont toujours reçu l’appui inconditionnel du maire – Corporation des événements de Sorel-Tracy et iO Expérience, notamment en demandant à la MRC d’abroger une subvention de 150 000 $ accordée au détriment d’un terrain municipal synthétique de soccer auquel ils travaillent depuis moult années.

L’intention était aussi évidente : redonner l’heure juste sur ces dossiers où il y a mixité privée et publique. Rendre à la municipalité sa prépondérance dans certains dossiers et rapatrier au conseil seul le soin de déterminer les priorités à respecter au moment de les financer. Le défi se pose d’ailleurs à toutes les municipalités qui caressent des projets sans avoir nécessairement les moyens de leurs ambitions alors que l’entreprise privée intervient de plus en plus dans le domaine collectif.

L’exemple d’iO est intéressant. Dommage que cet imbroglio arrive au moment où elle tient sa première activité d’importance! Cette entreprise met de l’avant un projet coûteux qui pourrait avantager la région touristiquement et culturellement parlant. Mais doit-on la privilégier au détriment d’une infrastructure sportive collective?

Le dilemme est certes difficile à trancher pour les élus, surtout que ces deux types d’activités sont souhaitables et profitables au milieu qui les héberge. Cette fois, les élus sorelois croient que cette réponse appartient à la table régionale qui avait déjà favorisé par résolution iO Expérience.

Ils la questionnent d’ailleurs à bon droit : pourquoi la table des maires n’a-t-elle même pas mentionné la demande de subvention de Sorel-Tracy? Est-ce qu’une fois une subvention accordée, on peut la retirer? Ils avancent aussi que Sorel-Tracy devait préalablement endosser la démarche d’iO pour que cette dernière soit subventionnée. Que le maire Péloquin serait intervenu auprès de Développement économique Pierre-De Saurel pour que la demande d’aide d’iO soit acceptée à la MRC. Ils déplorent que le maire Péloquin n’ait pas soulevé la question en assemblée publique de la MRC. Et il importe qu’ils reçoivent réponses à leurs questions. La sortie de crise en sera facilitée. Car les élus municipaux, qu’ils siègent à la table régionale ou pas, ont le devoir de choisir de façon claire et explicite les projets qu’ils encouragent.

D’autant que de tels dossiers n’en sont pas de partenariat privé-public. Chacun reste maître de ses œuvres et tire profit de ses actions. C’est à celui de la collectivité qu’un conseil doit s’attarder, et ce, même s’il a la tâche de stimuler le développement économique de sa collectivité en favorisant l’initiative privée. Dès le départ, l’enjeu est clair. Un élu ne peut s’en désister impunément.

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