12 avril 2023 - 08:42
Sans convention collective depuis le 1er janvier 2022
Les cols bleus de la Ville de Sorel-Tracy irrités par la lenteur des négociations
Par: Alexandre Brouillard

Une cinquantaine d’employés syndiqués CSN ont manifesté devant l’hôtel de ville avant la séance du conseil municipal de Sorel-Tracy, le 3 avril. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

Malgré la présence d’un médiateur lors des trois dernières rencontres, les cols bleus de la Ville de Sorel-Tracy s’impatientent à la table de négociations. Plusieurs d’entre eux ont manifesté leur mécontentement devant l’hôtel de ville le 3 avril dernier, en plus de questionner les élus lors de la séance du conseil.

« Les pourparlers stagnent depuis maintenant 15 mois. Tout ce temps, les représentants de la Ville à la table de négociation nous ont répété qu’ils n’ont pas de marge de manœuvre », affirme le président du Syndicat des employés municipaux de Sorel-Tracy affilié à la CSN, Martin Gingras.

Pourtant, le 20 février, à la suite de la première négociation en présence d’un médiateur, ce dernier avait confié son enthousiasme pour la suite du processus. Il soutient toutefois que les deux dernières rencontres tenues les 24 et 31 mars derniers n’ont rien donné.

Questionné sur le déroulement de ces rencontres, Martin Gingras informe qu’elles se sont « plus ou moins » bien déroulées, confirmant que la Ville est à cheval sur l’aspect monétaire des négociations.

« Les pourparlers piétinent notamment au niveau des salaires. L’offre patronale sur la table propose des augmentations moyennes de 2,05 % par année pendant cinq ans alors que pour 2022 seulement, l’inflation a dépassé les 6 %. Pour sa part le syndicat demande 4,8 % par an en moyenne sur cinq ans, avec une augmentation légèrement supérieure la première année en raison du coût de la vie. Certaines demandes de l’employeur ont aussi des impacts importants sur la stabilité des horaires et la qualité de vie des salariés », informe le service des communications de la CSN par communiqué.

La prochaine rencontre entre les deux parties est prévue le 13 avril. « On aimerait que ça bouge. […] C’est la première fois que j’assiste à de la médiation et je le trouve très bien. Il est capable de dire au côté patronal qu’ils y vont un peu fort, ce n’est peut-être pas la meilleure manière d’en venir à une entente », mentionne le président.

Alors que les cols bleus ont entériné à 91 % un nouveau mandat de grève de 21 jours, le 17 janvier dernier, Martin Gingras ne sait pas encore s’ils vont s’en prévaloir, précisant qu’il s’agirait de la dernière solution utilisée. « En plein ménage du printemps et à l’aube de la saison estivale, les citoyens n’auront que leurs élus à blâmer si l’ouverture des parcs et le début des activités estivales se trouvent perturbés par un conflit de travail », conclut-il.

Plusieurs questions adressées aux élus

Après leur manifestation devant l’hôtel de ville, les syndiqués cols bleus, accompagnés par d’autres corps de métiers, ont assisté à la séance du conseil municipal. À la fin, plusieurs d’entre eux ont adressé des questions aux élus sorelois concernant les négociations en cours.

La présidente du conseil central de la Montérégie (CSN), Annette Herbeuval, a ouvert le bal. « On veut savoir ce qui se passe parce que ça fait 15 mois que les municipaux de Sorel-Tracy n’ont toujours pas de convention collective. […] On nous dit qu’on écoute, qu’on est sensible et qu’on est conscient qu’il faut régler le dossier. La question que je vous pose, qui donne les mandats? », a-t-elle lancé, demandant au maire d’exercer son leadership.

Par la suite, le président de la CSN-Construction, Pierre Brassard, et trois employés se sont présentés au lutrin pour questionner les élus concernant différents aspects de la négociation.

Le maire Patrick Péloquin est demeuré vague dans ses réponses, précisant ne pas vouloir dévoiler des aspects des négociations sur la place publique. Il a néanmoins souligné que la Ville base toujours ses négociations sur trois principes, soit l’équité interne avec les employés, l’équité externe avec les villes québécoises comparables et la capacité de payer de la Ville.

« Les négociations sont en cours. […] C’est certain que je ne vais pas argumenter sur la place publique de tous les éléments qui sont là », a-t-il mentionné, admettant que la Ville désire s’entendre avec ses employés, mais dans le respect des trois principes.

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