20 janvier 2022
Les demandes d’aide en santé mentale augmentent de plus en plus dans la région
Par: Alexandre Brouillard
Attractive caucasian brunette dressed in beige sweater sitting on bed in bedroom and having headache.

Des ressources en santé mentale de la région ont noté une hausse importante des demandes d’aide dans la dernière année. Photo depositphotos.com

Des ressources de la région qui offrent de l’accompagnement aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ont connu une hausse marquée des demandes d’aide en 2021. La pandémie et les mesures sanitaires imposées par le gouvernement ne seraient pas étrangères à cette augmentation.

Publicité
Activer le son

« Le nombre d’interventions a considérablement augmenté dans la dernière année, indique d’emblée le directeur général de la Traversée, Sylvain Dupuis. En 2020, on avait réalisé environ 8000 interventions, tandis qu’en 2021, on en a réalisé environ 9000. Je suis particulièrement inquiet pour nos jeunes parce que dernièrement, on a beaucoup de demandes de jeunes âgés de 20 ans et moins. »

Du côté de Santé mentale Québec Pierre-De Saurel et du Groupe d’entraide l’Arrêt-Court, le nombre de membres a diminué en 2021, mais les demandes quotidiennes ont considérablement augmenté.

« Annuellement, nous avions environ 200 membres qui participaient aux activités. Ce nombre a diminué dans la dernière année, mais le nombre de fréquentations par semaine a augmenté. Nous faisons plus de suivis réguliers. Une cinquantaine de personnes se déplacent dans nos locaux, chaque semaine, pour recevoir des services », explique Virginie Fredette, éducatrice spécialisée et intervenante en santé mentale à Santé mentale Québec Pierre-De Saurel.

Même son de cloche du côté du Groupe d’entraide l’Arrêt-Court. « Nous sommes passés de 68 à 54 membres dans la dernière année, mais nous recevons beaucoup plus d’appels et de demandes. Je pense que les gens ont appris la valeur de l’entraide avec la pandémie », mentionne la directrice générale de l’Arrêt-Court, Nathalie Brunelle.

Pandémie et mesures sanitaires, un drôle de cocktail

Depuis mars 2020, la pandémie a causé beaucoup de problèmes de santé mentale chez certaines personnes. Il ne faut toutefois pas, selon les organismes de la région, sous-estimer l’effet des mesures sanitaires sur la santé mentale des gens.

Sylvain Dupuis admet que les mesures sanitaires contribuent à la hausse des demandes d’aide reliées à différents problèmes de santé mentale, comme l’anxiété et la dépression. « J’entends souvent que les mesures augmentent le niveau d’anxiété et l’isolement. Ça ne veut pas dire que les gens ne sont pas solidaires au gouvernement, mais l’isolement peut causer beaucoup de dommages », soutient le directeur général de la Traversée.

Nathalie Brunelle avance également que les différentes mesures sanitaires ont contribué à la hausse des demandes d’accompagnements en santé mentale dans la région. « Je comprends les mesures, mais pour certaines personnes, elles sont difficiles à vivre, surtout pour les gens qui sont déjà isolés. Elles ont été adoptées pour protéger la population, mais les gens qui ont une problématique en santé mentale et qui sont déjà fragilisés vivent difficilement la situation », mentionne-t-elle.

Continuer à offrir les services

Malgré la pandémie et les mesures sanitaires, Santé mentale Québec Pierre-De Saurel continue d’offrir ses services. « Nous les offrons en présentiel en respectant les mesures sanitaires. L’organisme est comme un point de rencontre pour des gens qui peuvent se sentir isolés et aux prises avec des problèmes de santé mentale », souligne Virginie Fredette.

À l’Arrêt-Court, les activités se poursuivent en groupe de 10 dans le respect des mesures sanitaires. « Habituellement, on pouvait recevoir 40 personnes. Je suis donc en processus pour agrandir la ressource parce qu’il faut voir plus loin que les prochains mois. Mais on continue les suivis par téléphone et on continue l’accueil des gens », affirme Mme Brunelle.

« À la Traversée, on offre nos services 24 heures sur 24 et 365 jours par année. Notre service d’hébergement d’urgence reste ouvert et on fait des suivis étroits par téléphone », conclut Sylvain Dupuis.

image