En août 2023, la STC se disait à risque d’une rupture complète de services en raison des délais de versement des contributions financières de la part du MTMD.
Pour pallier le problème, l’organisme de transport avait été dans l’obligation de contracter deux emprunts, soit une marge de crédit de 1 680 000 $ à un taux d’intérêt de 7,2 % ainsi qu’un emprunt de 2 M$ à un taux d’intérêt de 7,7 %. Dans les deux cas, la MRC avait cautionné les emprunts. Le MTMD ne rembourse d’ailleurs pas les frais d’intérêts, qui sont exorbitants, selon le préfet de la MRC et maire de Saint-Joseph-de-Sorel, Vincent Deguise.
Une situation que déplorait et déplore toujours le conseil régional, alors que les services de la STC fonctionnent bien et que l’achalandage est en constance augmentation.
Puis, lors de la dernière séance, le 13 mars, le conseil régional a dû confirmer son cautionnement à la demande de la Caisse Desjardins, alors que la STC a demandé le regroupement de ses deux emprunts pour réduire les frais administratifs. C’est donc dire que la MRC cautionnera maintenant une marge de crédit de 3 680 000 $. La MRC présentera une demande d’autorisation au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) pour cautionner cette nouvelle marge. « Ça va aider la STC à diminuer les frais d’intérêts », a souligné le directeur général de la MRC, Denis Boisvert.
Il n’en fallait pas plus pour que certains élus sonnent de nouveau l’alarme face aux délais de versement des subventions du MTMD à la STC. « Peut-être l’envoyer [la résolution] au ministère des Transports, pour qu’il prenne conscience de ce qu’on doit faire pour assurer le financement parce que l’argent entre trop tard. […] C’est un élément irritant chez nous et c’est le temps qu’on le règle », a lancé le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis.
« Le plus fâchant, c’est que le financement finit par arriver, mais il arrive tellement tard qu’on est obligé d’emprunter et de subventionner des subventions qu’on a à recevoir. Ça nous crée des sommes astronomiques de dépenses qu’on pourrait investir dans d’autres projets et dans du développement de notre transport », a ajouté Vincent Deguise.
Lourdeur administrative
Selon Vincent Deguise, le nerf de la guerre est la lourdeur administrative du MTMD, qui oblige la STC à vivre sur des subventions qu’elle obtient toujours trop tard.
« Ils donnent une petite partie au début, mais pour donner le restant de la subvention, ils attendent la reddition de compte, c’est-à-dire les états financiers vérifiés qui habituellement arrivent en avril ou mai. On ne peut pas faire notre reddition de compte avant. Donc, avant qu’on reçoive le chèque, on est souvent un an ou deux en retard », explique en détail le préfet.
Ainsi, pour assurer son bon fonctionnement et pour s’assurer d’avoir accès à de la liquidité, la STC doit avoir des prêts. « La STC est en santé financière et elle va très bien, assure Vincent Deguise. Les statistiques vont bien et l’argent est là. La seule raison qui fait que c’est difficile, c’est que l’argent du MTMD arrive toujours trop tard et on a des paiements d’intérêts à faire à cause de ça », conclut le préfet, visiblement exaspéré.