20 juillet 2022
Les travailleurs d’Océan remorquage réclament d’Ottawa une loi anti-briseurs de grève
Par: Jean-Philippe Morin

Les grévistes d’Océan remorquage déplorent l’utilisation de briseurs de grève à Sorel-Tracy. Photo gracieuseté

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ainsi que le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, ont dénoncé l’utilisation de briseurs de grève par l’entreprise Océan remorquage de Sorel-Tracy, lors de leur passage sur les lignes de piquetage le 19 juillet.

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Rappelons que les travailleurs et travailleuses d’Océan remorquage sont en grève depuis le 20 juin dernier alors que le contrat de travail est échu depuis avril 2021. Les négociations achoppent au niveau des salaires et des horaires de travail.

Contrairement au Code du travail du Québec, qui interdit l’embauche de travailleurs et travailleuses de remplacement en cas de conflit, les entreprises sous juridiction fédérale peuvent embaucher des briseurs de grève.

Le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc et le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Dominic Lemieux, ont rencontré les grévistes d’Océan remorquage, le 19 juillet. Selon eux, le gouvernement de Justin Trudeau doit prendre ses responsabilités et combler ce vide juridique.

« Le NPD de Jagmeet Singh, qui a choisi de faire alliance avec les libéraux afin de les maintenir au pouvoir jusqu’aux élections de 2025, doit faire pression sur le gouvernement pour accélérer l’adoption d’une loi anti-briseurs de grève. C’en est assez de profiter de la faiblesse des lois canadiennes qui permettent à des employeurs sans scrupules de s’enrichir sur le dos de leurs travailleurs et travailleuses », a déclaré M. Bolduc.

« Il est tout de même insensé que les lois canadiennes permettent à des employeurs antisyndicaux, comme Océan remorquage, de payer grassement des briseurs de grève tout en proposant à leurs propres travailleurs des salaires nettement inférieurs. Il est aussi risible que dans ses messages publics l’entreprise, qui célèbre ses 50 ans d’existence, remercie ses employés en spécifiant que sans eux le succès n’est pas possible. C’est bien vrai, sans son personnel dévoué et chevronné comme le mentionne l’entreprise, le succès ne serait pas au rendez-vous, et cela mérite respect et ça commence par de bonnes conditions de travail et de bons salaires », a ajouté M. Lemieux.

Selon le directeur – Affaires publiques et corporatives de Groupe Océan, Philippe Filion, le terme « briseur de grève » est un peu fort. « On a agi selon ce que la loi nous permet. Et il faut se souvenir que nous, on a des services qui sont considérés comme essentiels qu’on doit maintenir. On a agi selon les termes de la loi », a-t-il assuré, lors d’un entretien en juin dernier, au déclenchement de la grève.

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