22 octobre 2021
Enjeu de la pénurie de main-d’œuvre
Louis Plamondon croit qu’il faut des solutions adaptées aux différents secteurs d’activité
Par: Katy Desrosiers

Le député Louis Plamondon croit qu’il faut miser sur la robotisation, l’immigration et les travailleurs retraités pour aider à la pénurie de main-d’œuvre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Une importante pénurie de main-d’oeuvre touche le Québec et la région de Sorel-Tracy n’en fait pas exception. Pour contrer cette problématique, le député fédéral Louis Plamondon croit nécessaire de se pencher sur certaines solutions comme la robotisation, la valorisation des métiers dans le domaine du service, la simplification du processus d’immigration et le retour au travail des personnes retraitées.

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Louis Plamondon, qui avait fait de la pénurie de main-d’œuvre un cheval de bataille durant la plus récente campagne électorale, avance que des experts estiment que la pénurie de main-d’œuvre devrait durer jusqu’en 2030. Pour aider au problème, il croit que des solutions différentes devront être envisagées pour chaque secteur d’activité.

Par exemple, pour des régions comme la nôtre où se retrouvent des industries, une des pistes de solution sera, selon lui, d’investir massivement dans la mécanisation et la robotisation.

« Les petites entreprises de 15-20 employés, elles n’ont pas les moyens de mettre 200 000 $ pour une recherche. Il faut que le gouvernement axe ses soutiens aux entreprises industrielles là-dessus », avance-t-il.

Au niveau des programmes de soutien aux personnes comme la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) ou la Prestation canadienne d’urgence (PCU), le député avoue qu’elles ont été nécessaires. Toutefois, il affirme que si elles sont poursuivies, elles devront être plus ciblées.

Il pense également à des secteurs plus durement touchés pendant la pandémie comme le milieu culturel qui aura nécessairement besoin d’aide pour se relever.

Le milieu de la restauration en est un autre qui n’a pas été épargné. « Il y a tout un problème parce qu’à 20 $ de l’heure, on ne trouve plus de laveurs de vaisselle, admet-il. Si on monte le salaire à 22 $ ou 23 $, nécessairement la facture va se retrouver au client et là, tu débalances complètement l’économie parce qu’avoir un bon salaire ne signifiera quasiment rien. »

Selon lui, il faudra, au niveau de l’éducation, valoriser davantage les emplois en service et les postes de manœuvres.

Faciliter l’immigration

Louis Plamondon affirme que l’immigration fait partie de la solution et qu’il absolument la moderniser et la « débureaucratiser ».

« Ça n’a pas de bon sens qu’une entreprise qui trouve deux bons soudeurs ou un mécanicien en Ukraine, ça prenne 18 mois avant qu’ils arrivent ici », déplore le député.

Comme la particularité de la main-d’œuvre est différente au Québec que dans d’autres provinces, M. Plamondon réclame un transfert des pouvoirs d’Ottawa vers le Québec afin d’accélérer les demandes.

Il croit que les permis de travail devraient être attribués seulement par la province pour faciliter, entre autres, la situation avec les travailleurs étrangers. Québec pourrait leur délivrer un permis de travail qui permettrait de travailler pour plus d’un employeur et pour plus qu’une seule période.

« Et un coup qu’ils ont un permis de travail pour deux ou trois ans, si ça fonctionne bien, qu’ils s’adaptent bien dans la région et qu’ils émettent le choix de devenir résident, il faut accélérer la résidence », avance-t-il.

Une autre situation à gérer, note-t-il, est la réunification des familles. Il se souvient de deux soudeurs costaricains qui sont restés dans la région pendant deux ans et qui avaient demandé leur résidence permanente pour prolonger leur permis de travail, en plus de demander que leur femme et leurs enfants viennent demeurer ici. La demande a été refusée et ils ont dû partir. Le député déplore qu’on perde ainsi des employeurs qualifiés et compétents.

Rétention et attraction du personnel

Le député suggère aussi de se pencher sur la rétention des jeunes diplômés, qu’il n’est pas rare de voir s’envoler pour d’autres pays.

« Les bons étudiants finissants se voient offrir des emplois autant en Asie, en Europe qu’aux États-Unis. […] Avant, tu formais le monde pour ton coin de pays, mais là, tu les formes et ça devient des étoiles filantes », image le député.

« C’est beau que notre nation rayonne à travers le monde, ajoute-t-il, mais il faut qu’elle reste un peu ici. Il y a toute une politique à changer au niveau de l’éducation. »

Une autre clé, selon le député, est de fournir des incitatifs aux personnes retraitées afin de réintégrer le marché du travail.

M. Plamondon explique qu’une personne de 65 ans peut accumuler jusqu’à 5000 $ en travaillant sans que son supplément de revenu garanti ne soit affecté. Le député suggère d’augmenter la limite à 15 000 $. Il propose également un congé d’impôt pour ceux qui reviennent travailler, plus spécialement pour des entreprises dans le domaine du service à la clientèle.

Il croit que ces mesures inciteraient davantage des travailleurs à revenir à temps partiel.

« Je vais leur donner l’exemple, je vais continuer! », rigole-t-il.

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