8 Décembre 2021
Malgré une défaite en finale de la Coupe Uteck
Mathieu Parenteau a vécu une saison recrue du tonnerre avec les Carabins
Par: Jean-Philippe Morin

L’entraîneur de la ligne offensive des Carabins depuis cinq ans, Mathieu Pronovost (à gauche), n’a que de bons mots pour Mathieu Parenteau (à droite). Photo James Hajjar

Mathieu Parenteau (#66) s’est démarqué à sa première année avec les Carabins de l’Université de Montréal. Photo James Hajjar

Mathieu Pronovost entraîne la ligne offensive des Carabins depuis cinq ans. Photo James Hajjar

Normalement, une recrue n’est pas un joueur partant au football universitaire. Le Sorelois Mathieu Parenteau a toutefois mérité cette chance à plusieurs reprises cette saison avec les Carabins de l’Université de Montréal, si bien qu’il en ressort grandi malgré une défaite crève-cœur en finale de la Coupe Uteck, le 27 novembre dernier.

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En raison de blessures à des joueurs de la ligne offensive, le jeune homme de 20 ans est entré dans l’alignement partant au deuxième match de la saison, contre les Stingers de Concordia. La semaine suivante, le 18 septembre, il démarrait le match comme bloqueur à droite partant à Québec, face au Rouge et Or de l’Université Laval.

« D’habitude, je joue comme bloqueur à gauche pour protéger l’angle mort du quart-arrière. C’était un petit ajustement comme garde à droite puisque je protège dans le champ de vision du quart, mais en même temps, ça reste du football. […] C’était toute une expérience pour mon premier match comme partant, surtout qu’on a battu le Rouge et Or sur son terrain », indique le colosse de 6’3’’ et 286 livres, qui a aussi joué comme bloqueur à gauche cette saison.

Tout au long de l’année, Mathieu Parenteau a mérité son poste de partant, même en séries. Toutefois, il est devenu le sixième joueur de ligne offensive avant la finale de la Coupe Dunsmore, face au Rouge et Or, puisque tous les vétérans étaient de retour en santé. « J’embarquais quand même comme sixième homme lors de certains jeux. On avait besoin d’un bloqueur en extra pour nos formations heavy. J’ai adoré ma première année, j’ai pu contribuer au-delà de ce que j’anticipais au départ », commente le Sorelois.

Mathieu Parenteau devait disputer une dernière saison avec le Collège Champlain-Lennoxville en 2020, mais avec la pandémie, sa saison a été annulée. L’année précédente, il avait soulevé le Bol d’Or avec ses amis sorelois Simon Fay et Terry Romuald Guillaume, tous des anciens Polypus.

« Ça m’a beaucoup appris de gagner un si gros trophée. Ça m’aide à gérer mon stress dans des gros événements, comme lors de matchs télévisés ou quand il y a des grosses foules. Ça me permet de rester focus sur la tâche à accomplir », indique celui qui étudie en première année à Polytechnique en génie logiciel.

Une excellente saison, mais une défaite crève-cœur

Avec une fiche de sept victoires et une défaite, les Carabins ont connu une excellente saison régulière. En séries, les succès se sont poursuivis grâce à des victoires contre les universités Sherbrooke en demi-finale et Laval en finale. Il s’agissait d’une troisième victoire des Carabins face au Rouge et Or cette année.

Depuis leur victoire à la Coupe Vanier en 2014, l’équipe montréalaise ne souffre plus d’un complexe d’infériorité face au Rouge et Or. D’ailleurs, lors de la dernière saison complète du circuit universitaire en 2019, ce sont les Carabins qui se sont rendus en finale de la Coupe Vanier, même s’ils se sont inclinés face à Calgary.

« Avec nos trois victoires contre Laval, on voit que les gens croient plus en nous. J’ai senti tout le prestige de cette organisation. À l’interne, on voit que les gars sont des pros. Les vétérans ont très bien accueilli les recrues, on se sentait supportés dès le premier jour si on avait des questions », remarque-t-il.

D’un point de vue individuel, le bloqueur sorelois se dit fier d’avoir aidé les Carabins à connaître une excellente saison. « Notre porteur de ballon étoile Bertrand Beaulieu a obtenu environ huit verges par course en moyenne. On n’a pas accordé beaucoup de sacs du quart non plus. Ça s’est très bien déroulé pour nous », analyse-t-il.

Toutefois, les Carabins ne sont pas parvenus à se qualifier pour la Coupe Vanier du 4 décembre. Ils se sont inclinés 14-10 à Montréal avec seulement cinq secondes à faire au match de la Coupe Uteck contre les Huskies de l’Université de la Saskatchewan.

« On aurait aimé se rendre à la Coupe Vanier, c’est certain. On avait de gros objectifs en début de saison et en ne se rendant pas au bout, on ne les a pas atteints. Notre attaque a eu de la difficulté à capitaliser quand on était dans la zone payante. Ce sera un élément à travailler pour l’an prochain, mais je suis confiant », s’exclame-t-il.

Une relation de confiance avec un entraîneur sorelois

Mathieu Parenteau et Mathieu Pronovost ont plusieurs choses en commun. Outre les ressemblances dans leur nom, les deux sont des Sorelois et ont appris leur football scolaire avec les Polypus de l’École secondaire Fernand-Lefebvre et l’entraîneur Harold Turbide.

Aujourd’hui, Mathieu Pronovost est l’entraîneur de ligne offensive des Carabins et donc de Mathieu Parenteau. Même s’ils ont 17 ans de différence, les deux Sorelois se comprennent bien.

« Il m’a tout le temps fait confiance, relate Mathieu Parenteau. Que ce soit comme bloqueur extra ou comme partant, il est honnête avec moi. Il me dit ce que je dois améliorer, comme la façon dont je dois gérer mes émotions après un mauvais jeu ou mon agressivité. J’ai toujours l’heure juste avec lui. »

Malgré son jeune âge (37 ans), Mathieu Pronovost a une vaste expérience en coaching. En 2006, il était entraîneur avec les Polypus, puis en 2007, il a relevé un nouveau défi au collégial avec le Collège Champlain-Lennoxville. En 2008, il a fait le saut au niveau universitaire avec le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke pendant huit ans. Il a gravi les échelons un à un, passant d’entraîneur de la ligne offensive à entraîneur des porteurs de ballon, puis coordonnateur à l’attaque pendant trois ans. Puis après avoir appris en 2016 qu’il n’était plus dans les plans à Sherbrooke, il a accepté le poste d’entraîneur de la ligne offensive des Carabins, emploi qu’il occupe depuis les cinq dernières années.

C’est donc en connaissance de cause que Mathieu Pronovost parle de son bloqueur recrue. « Mathieu a été un super bon ajout à notre groupe de vétérans de la ligne offensive. Il s’est taillé une place à son année recrue, ce qui prouve qu’il était prêt. Il réussit autant à l’école que sur le terrain, il a une bonne rigueur et il est très physique. C’est quelqu’un d’assidu qui a rapidement été accepté par ses coéquipiers et les entraîneurs », complimente l’entraîneur de ligne offensive.

Mathieu Pronovost est entraîneur depuis 15 ans et selon lui, c’est la première fois qu’un joueur de première année tire aussi bien son épingle du jeu. Avec le départ des deux bloqueurs (à droite et à gauche) l’an prochain, Mathieu Parenteau aura sa chance avec les Carabins.

« Il est plus naturel à gauche, mais il a très bien joué dans les deux positions cette année. C’est très rare de voir un joueur recrue jouer comme bloqueur à gauche puisque c’est la position dans l’angle mort du quart-arrière, mais il a relevé le défi avec brio. Il en fait même plus que ce qu’on en demande », vante l’entraîneur sorelois.

Depuis les cinq dernières années, Mathieu Pronovost apprécie chaque moment avec les Carabins. « C’est très motivant de se retrouver dans une organisation qui a une chance d’aller jusqu’au bout chaque année. C’est vrai que je travaille 80 heures par semaine, sept jours sur sept chaque automne, mais quand on le fait pour une organisation avec qui on partage les mêmes valeurs, c’est motivant », affirme l’entraîneur de 37 ans.

D’ailleurs, il n’hésite pas à remercier son entraîneur du secondaire – et celui de Mathieu Parenteau – Harold Turbide pour ses succès. « Si Mat et moi on vit notre passion aujourd’hui, c’est grâce à Harold qui nous a fait aimer l’ambiance de famille qu’il a su construire dans son équipe qu’il tient à bout de bras maintenant depuis plus de trois décennies. L’impact de son travail auprès des jeunes de la région est gigantesque », conclut Mathieu Pronovost.

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