12 avril 2022
Moment de vérité
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

En rendant publics les revenus de Statera de 2021, ses administrateurs démontrent la vitalité de leur organisme en soulignant cependant qu’ils sont insuffisants. Parce qu’ils doivent rembourser une hypothèque de 1,4 M$ sur le bâtiment qu’ils occupent tout en versant un loyer à la Ville pour l’occuper. Ils demandent correction.

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La Ville n’a jamais été insensible au projet. Au contraire. Elle a réhabilité le quai où il se loge à même une subvention de 4,9 M$ du fédéral versée à la remise du quai en 2012. Puis elle lui a versé 937 000 $ en trois ans.

Pourquoi de telles sommes? Pour respecter l’engagement pris par le conseil sous le maire Réjean Dauplaise de lui verser 1 M$ en aide financière? Ou pour rembourser des améliorations apportées de 1,04 M$ au pavillon d’accueil du quai Catherine-Legardeur en plus d’ajouter du mobilier urbain au centre-ville? On ne saurait le dire.

Mais dans sa résolution de mars 2021, par exemple, le conseil spécifie verser 300 000 $ pour collaborer à divers projets culturels sur le quai Catherine-Legardeur et appuyer Statera qui s’implique dans le développement d’activités contribuant au rayonnement de la Ville. Pas question là d’un remboursement d’hypothèque!

Voilà qui explique pourquoi des gens ont douté de la transparence du dossier, voire de sa pertinence et de la loyauté de ceux qui y étaient impliqués. Ils n’y voyaient pas l’intérêt public!

Ce pourquoi il urge d’avoir l’heure juste sur le statut de Statera, sur son entente avec la Ville. Sur les raisons qui la justifient. Sur la propriété du pavillon d’accueil.

Car s’il appartient à la ville, il serait anormal que Statera rembourse cette hypothèque de 1,4 M$ tout en versant un loyer à la ville. Mais normal que Statera lui paye un loyer.

Toutefois, si la ville n’a pas exigé que les restaurants Belvédère et Les Années Folles payent la mise à niveau du bâtiment qu’ils occupent, alors pourquoi serait-ce différent pour Statera? Dans les trois cas, on est en présence d’activités offertes par des entrepreneurs privés pour accommoder locaux et touristes. On leur imposerait des conditions différentes? Pourquoi? Comment évalue-t-on le loyer de chacun? Des explications s’imposent.

Chose certaine, on peut croire que Statera a voulu accélérer les choses en empruntant plus de 1 M$ chez Desjardins pour la mise à niveau du bâtiment, croyant certes que la Ville la rembourserait. Mais y avait-il eu entente préalable? Parole donnée? Et ce montant comprend-il aussi le montage de l’exposition? Si oui, ce dernier ne devrait pas être à la charge des contribuables. Il devrait être soustrait d’un remboursement éventuel.

Toujours dans le but d’éclairer la situation, Statera gagnerait à publier non seulement la source de ses revenus, mais aussi la liste de ses dépenses, voire déposer ses états financiers. Après tout, d’importants fonds publics et privés y ont été investis ou sont sollicités pour en améliorer le contenu.

Nul doute que ses promoteurs font ce qu’il faut, à la hauteur de leurs moyens, pour en augmenter l’achalandage – activités diverses, tarifs révisés, forfaits, etc. Leur succès dépend en grande partie de la confiance qu’ils inspireront au public à l’égard de leur initiative.

Lever le voile s’impose tant de leur part que de celle de la Ville. Pour permettre aux Sorelois de mieux s’approprier le projet et d’en devenir des promoteurs actifs plutôt que dubitatifs ou dénigreurs.

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