Prenons un exemple très concret qui touche l’économie. Selon un sondage réalisé il y a quelques semaines par la firme KPMG auprès de 735 petites et moyennes entreprises canadiennes, 85 % de leurs dirigeants s’attendent à des turbulences et à de l’incertitude s’il devait y avoir un changement de direction à la présidence des États-Unis et que les entreprises canadiennes pourraient devenir des victimes de mesures protectionnistes.
Il est bien sûr question ici de mesures proposées par Donald Trump qui annoncent son intention d’imposer des tarifs plus élevés sur les biens importés par les Américains. Quand on connaît les liens extrêmement étroits qui existent entre les économies canadienne, donc québécoise, et américaine, de nouveaux tarifs sur les produits manufacturiers ou sur l’acier auraient des impacts concrets jusque dans notre région.
Dans ce sondage réalisé par KPMG, une des plus grandes firmes internationales de services aux entreprises, on apprend que 85 % des dirigeants d’entreprises interrogés prévoient modifier leurs stratégies pour se préparer aux changements qui pourraient survenir aux États-Unis avec une nouvelle présidence Trump. Est-ce que ce sera aussi le cas pour les entreprises de notre région qui exportent la plus grande part de leur production? Quel impact cela aura-t-il sur l’emploi dans la région?
Un des effets les plus préoccupants pourrait se situer dans le domaine de la décarbonation. Les entreprises sont relativement conscientes et engagées vers des processus visant à limiter puis à faire disparaître complètement l’utilisation d’énergies fossiles avant 2050, comme Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) qui prévoit investir près d’un milliard de dollars dans le processus à Sorel-Tracy. Donald Trump s’oppose à ces mesures et souhaite qu’elles cessent, ce qui pourrait donner un avantage comparatif important aux entreprises américaines. Les entreprises d’ici devront-elles diminuer l’intensité de la décarbonation pour rester compétitives?
Alors que les effets des changements climatiques sont de plus en plus concrets, que les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses, même les coûts d’assurances résidentielles risquent d’augmenter de façon importante. Diminuer les efforts de décarbonation, c’est laisser les températures augmenter encore et encore avec les conséquences que l’on connaît.
Le choix des Américains, le 5 novembre, est très important. Ce n’est pas qu’un jeu politique qu’on peut suivre comme on suit une partie de hockey en disant qu’au final ça ne nous touchera pas dans notre vie quotidienne. Kamala Harris et Donald Trump ont des positions diamétralement opposées sur la démocratie, sur les institutions, sur le rôle du gouvernement, sur l’Ukraine et sur le rôle des États-Unis sur la scène internationale. On ne peut rester indifférent, il faut s’y intéresser pour diminuer les risques qu’un changement de direction à la Maison-Blanche pourrait avoir sur nous-mêmes, sur nos entreprises et sur notre qualité de vie. J’ose écrire qu’il s’agit d’une question de responsabilité pour le leadership régional et pour nous-mêmes, comme citoyens.
Le 5 novembre, dès 19 h, au Cégep de Sorel-Tracy, avec le concours du département de Sciences humaines, j’animerai une soirée électorale où nous aborderons ces questions. Vous êtes les bienvenus.