6 février 2024 - 08:13
Un remorqueur réanimé d’urgence sur une scène d’accident
« On n’a fait que notre travail » – l’agent Raphaël Marquis
Par: Jean-Philippe Morin

Les agents Charles-Antoine Cavanagh, Félix Florant et Raphaël Marquis ont su garder leur sang-froid, le 30 janvier dernier, lors d’une intervention au cours de laquelle un homme a été réanimé. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Les paramédics Maxime Godin-Boulianne et Jason Pierce tiennent un tracé de l’intervention avec le défibrillateur externe automatisé, où l’on peut voir à quel moment le choc a été donné et quand son cœur se remet à battre normalement. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Les policiers et paramédics qui ont sauvé un quinquagénaire victime d’un arrêt cardiaque sont fiers d’avoir suivi toutes les étapes nécessaires afin de ramener l’homme à la vie, mais ils demeurent humbles face à cet exploit.

« Il y avait de l’adrénaline, un grand soulagement, mais on n’a fait que notre travail. Ça fait partie de notre job », mentionne l’agent Raphaël Marquis, rencontré avec ses collègues, les agents Félix Florant et Charles-Antoine Cavanagh, qui ont tous participé à l’opération.

« On a ressenti beaucoup d’émotion, de fierté. J’en parle et j’en ai des frissons », mentionne le paramédic Maxime Godin-Boulianne, qui est intervenu avec son collègue Jason Pierce.

Le 30 janvier dernier, vers 6 h 45, un accident impliquant deux véhicules est survenu sur le boulevard Fiset, à la hauteur du rang Sud. Un troisième véhicule impliqué a tenté d’éviter la scène d’accident et a effectué une sortie de route. Lors de cet accident, une seule personne a été blessée et transportée à l’hôpital pour y soigner des blessures mineures.

L’agent Raphaël Marquis, qui venait de commencer son quart de travail de jour, était sur place. « J’ai dit à mes collègues (Félix Florant et Charles-Antoine Cavanagh) qui étaient sur le shift de nuit d’aller se reposer. La victime venait de partir en ambulance et il ne restait plus grand-chose à faire autre que d’attendre que les véhicules soient remorqués », raconte le patrouilleur, qui est policier depuis deux ans et demi, dont un an à la Sûreté du Québec (SQ) de Sorel-Tracy.

Deux minutes plus tard, quelqu’un interpelle l’agent Marquis sur la scène. « On me crie d’appeler une ambulance et d’aller voir derrière la remorque. À mon arrivée, je vois le remorqueur par terre près de la roue. Je remarque qu’il n’a pas de pouls et j’appelle du back-up », explique-t-il.

C’est à ce moment que les agents Florant et Cavanagh font demi-tour pour venir l’aider avec le défibrillateur externe automatisé (DEA). À leur arrivée, l’agent Marquis a déjà effectué une trentaine de compressions sur la cage thoracique et des insufflations. « J’ai fait ce que j’ai appris en formation, tout en gardant mon calme. Il avait une respiration agonale, mais je continuais à faire mes compressions », ajoute Raphaël Marquis.

Les agents Florant et Cavanagh, qui travaillent à la SQ de Sorel-Tracy depuis respectivement cinq ans et quatre mois, sont alors entrés en action en installant le DEA. Ils ont pu administrer un choc, puis les paramédics ont pris le relais.

Au tour des paramédics

Maxime Godin-Boulianne et Jason Pierce étaient à bord de leur ambulance et se dirigeaient pour un appel de priorité 1 lorsqu’ils ont reçu l’appel de redirection par la centrale pour un homme ayant subi un arrêt cardiorespiratoire (priorité 0). « On s’en allait dans une ville voisine, dans cette direction-là, on était donc à trois minutes de la scène. C’est une coïncidence, c’était sur notre chemin », raconte M. Pierce, qui travaille chez HRH Services préhospitaliers depuis neuf ans.

« On avait trois minutes pour se préparer, mais d’emblée, on connaît notre travail, donc ça ne change rien pour nous. Il fallait se préparer rapidement parce qu’on savait que l’intervention était pour bientôt », ajoute M. Godin-Boulianne, qui en est également à sa neuvième année comme paramédic à Sorel-Tracy.

À leur arrivée, ils ont constaté que l’homme n’avait toujours pas de pouls. Les paramédics ont effectué un choc avec le DEA des policiers, puis ils ont installé leur propre DEA afin de donner cinq autres chocs. Le remorqueur est finalement « revenu à la vie ».

« Quand on a vu qu’il commençait un peu à respirer de lui-même, on était confiants de pouvoir le ramener. Avec le rythme qu’on avait au moniteur, on était sur l’adrénaline et on a fait de notre mieux. Il était très jeune, il avait de bonnes chances de survie. On voulait tout donner pour lui donner les meilleures chances », indique M. Pierce.

Intervention rapide

Les deux paramédics ont transporté le patient de l’Hôtel-Dieu de Sorel à l’hôpital Pierre-Boucher, puis à Montréal. « Il parlait très bien dans l’ambulance et il va s’en sortir », confirme Jason Pierce avec soulagement.

En effet, l’homme de 52 ans n’aura aucune séquelle, grâce notamment à la rapidité de l’intervention. « On a agi rapidement, mais surtout, on a agi en équipe. Chacun connaissait son rôle », indique l’agent Félix Florant.

Par exemple, lors de l’arrivée des paramédics, un des policiers a continué d’être près de la victime, tandis que les deux autres ont trouvé l’identité de l’homme et pris des dépositions de témoins afin de prendre le plus d’informations possible.

« J’ai aidé les ambulanciers avec la ventilation du patient, ça s’est fait naturellement. […] C’est sûr que c’est gratifiant. […] Quand il a ouvert les yeux, une pression est tombée, c’est un grand soulagement », mentionne l’agent Charles-Antoine Cavanagh.

« Tout le monde aurait fait la même chose qu’on a faite. Que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, je pense qu’ils auraient fait la même affaire. Après coup, quand je suis revenu au poste après un avant-midi mouvementé, c’est en voyant que les gens m’ont félicité que j’ai vraiment réalisé ce qu’on a fait », conclut l’agent Raphaël Marquis.

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