Tant mieux, car peu de tables sont disponibles. Je m’installe donc dans la vitrine, pas trop loin d’un bébé qui, dans sa chaise haute, me reluque comme s’il n’avait jamais vu une créature aussi irrésistible. C’est réciproque! Après quelques œillades, mon filet de poisson d’une main et mon café de l’autre, je me plonge dans notre hebdo local. Si mon gueuleton a plus ou moins de goût, la lecture du texte de Denis Marion lui donne soudainement une saveur particulière. De quoi s’agit-il? De condition féminine! Comment nier qu’effectivement « le baromètre n’est pas au beau fixe pour les femmes »? Le sera-t-il davantage en 2025? Le nombre de féminicides piquera-t-il du nez? Combien d’hommes, tels François Chapdelaine, élimineront celles qui n’ont qu’une quête… leur liberté!
Puis le chroniqueur d’évoquer le retour officiel à la Maison-Blanche du toxique politichien, oups! politicien. Une fois de plus, on ne peut que partager son inquiétude quant au fait que « des gens qui occupent des fonctions de premier plan » n’éprouvent aucune gêne à tenir des propos dégradants à l’égard des femmes. Le 20 janvier prochain, jour d’inauguration présidentielle, je ne serai probablement pas la seule à me souvenir entre autres du tristement célèbre « Grab’em by the pussy ». M’est avis que les porteuses de chattes auront fréquemment leur œil de lynx braqué sur la bête étatsunienne.
Qu’est-ce qui se passe dans notre cour? M. Marion relève, là encore avec justesse, que si l’étiquette « progressiste » s’applique sur le « leadership politique » dans notre région, celui-ci s’avère essentiellement… masculin! La solution réside-t-elle dans l’adoption de lois électorales visant à assurer la parité entre les femmes et les hommes dans les candidatures au sein des partis politiques en période électorale? Au cours d’un colloque organisé par le Groupe Femmes, Politique et Démocratie, tenu à Québec le 6 décembre dernier, plusieurs personnes ont défendu avec vigueur des législations de ce genre. Jasons encore un peu politique, lors de cet événement auquel j’ai assisté, quelques participantes ont profité du micro ouvert afin de déclarer qu’il était parfois ardu pour les conseillères municipales de se faire entendre puisque « la parole est souvent donnée aux hommes qui parlent fort ». N’y a-t-il pas aussi matière à réflexion lorsqu’on entend que les femmes se lanceraient en politique habitées par le désir de « changer le monde », rien de moins, tandis que les hommes verraient simplement le pouvoir comme « une fin en soi ».
Des alliés comme Denis Marion qui s’expriment publiquement afin de dénoncer les innombrables injustices subies par les femmes, on en veut plus! Je referme le journal. Près de moi, au royaume du Big Mac, voilà que mon jeune admirateur s’agite sur son trône surélevé. Visiblement, il en a ras le pompon de sa visite au McDo. Quelques cris fusent qui amusent la clientèle. Puisse sa colère demeurer toujours inoffensive…
Martine Lacroix, Montréal
Originaire de Sorel-Tracy