15 février 2022
Porteurs de sens
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Les Journées de la persévérance scolaire qui se déroulent cette semaine nous invitent tous à accompagner les jeunes dans leur persévérance scolaire, particulièrement dans le contexte actuel où, pour plusieurs, tout est un peu plus difficile. Une belle occasion de réfléchir aux bénéfices de l’éducation dans une société où nous commençons à prendre beaucoup trop de choses pour acquis.

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Si on réduit l’éducation à la simple obtention d’un diplôme (même si c’est important, bien sûr), on passe complètement à côté de ses avantages pour un individu et pour la société et on en perd le sens profond. L’éducation est certainement le moteur le plus puissant du développement pour une personne et pour la société dans laquelle il est actif. Le Québec est un bon témoin de l’importance de l’éducation. En 1960, il y a à peine plus de 60 ans, moins de la moitié des élèves terminaient leur 7e année (alors la dernière année du primaire) et seulement un quart se rendaient en 8e année (première année du secondaire de l’époque). Les investissements en éducation depuis ce temps ont complètement changé le Québec.

Si l’éducation est un puissant facteur de changement, on sait qu’elle a un impact direct sur l’amélioration de la santé et elle contribue également à la stabilité sociale. Pourquoi? Parce qu’elle renforce la confiance en soi et envers les autres en favorisant la prise de décision et la pensée critique. Dans l’idéal, soutenue à l’intérieur de l’école par des enseignants passionnés, dans les familles par des parents qui appuient leur enfants tout au long de leurs parcours scolaires et par une société qui place l’éducation au cœur de ses priorités, l’éducation forme des citoyens. Alors que nos acquis démocratiques semblent sous pression depuis quelques années, l’éducation est notre arme la plus puissante pour lutter contre les dérives antidémocratiques.

Les Journées de la persévérance scolaire sont un appel à rester vigilant, à ne rien tenir pour acquis. Faire de l’éducation une priorité est une décision que nous devons reprendre tous les jours. La façon la plus concrète de le faire est donc d’accompagner les jeunes en soutenant leur persévérance scolaire, une « assise déterminante du bien-être des individus et du développement de la société », comme nous le rappelle l’Instance régionale de concertation pour la persévérance scolaire et la réussite éducative de la Montérégie.

Dans un contexte différent du nôtre, dans des pays où la pauvreté afflige de larges proportions de la population, un enfant dont la mère sait lire a 50 % de chances de plus de vivre au-delà de 5 ans. Voilà une donnée, même si loin de nous, qui montre un bénéfice concret de l’éducation. Chez nous, le Conseil supérieur de l’éducation rappelait en 2016 que la « réussite scolaire constitue un facteur de prévention contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». Des études montrent que, sur la planète, 420 millions de personnes sortiraient de la pauvreté si elles bénéficiaient d’une éducation du niveau secondaire. L’éducation ne peut régler seule tous les problèmes, elle doit être accompagnée d’autres politiques. Mais elle a un rôle central à jouer.

Poursuivons le combat pour la persévérance scolaire et la réussite éducative en montrant à nos jeunes les vertus de la persévérance et en étant des Porteurs de sens, comme nous y invitent les Journées de la persévérance scolaire. Gandhi disait : « La force ne vient pas d’une capacité physique, mais d’une volonté indomptable ». Il devait savoir de quoi il parlait, lui qui, par sa volonté et sans violence, a fait vaciller un empire en encourageant son peuple dans sa marche vers la liberté.

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