7 décembre 2021
Pour cause de COVID
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans la région, Louise Grégoire-Racicot livre ses impressions dans une chronique hebdomadaire au journal Les 2 Rives depuis 2018.

L’inquiétude qu’inspire la COVID aux gens affecte souvent leur prise de décision. C’est une des conclusions d’une enquête menée par des scientifiques de l’Université McGill et de l’Institut-hôpital neurologique de Montréal auprès de 1500 personnes, en ligne, d’avril à juin 2020.

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En plus de l’impact déjà connu sur la santé mentale des populations, l’inquiétude suscitée par la pandémie de COVID-19 aurait un impact négatif sur le jugement de certains individus, révèle l’enquête.

Voila ce qu’il est bon de savoir à l’heure où, comme bien des citoyens à travers le monde, les Québécois doivent faire preuve de persévérance en matière de santé publique et personnelle, d’autant que l’état pandémique dure. Continuer de porter le masque partout en est une, se faire vacciner une, deux ou trois fois en est une autre. Faire vacciner ses jeunes enfants s’ajoute maintenant.

Et, de constater les chercheurs de cette étude, plus le niveau d’inquiétude augmente, plus il est probable que les répondants prennent des risques. Les personnes les plus inquiètes étaient même plus susceptibles de laisser de côté les résultats probables pour se concentrer sur les résultats les plus improbables.

Heureusement, il semble aussi qu’une hausse de l’inquiétude peut avoir un effet positif en incitant les individus qui craignent fortement le virus à adhérer plus étroitement aux consignes sanitaires.

Dans notre région, hautement vaccinée, visiblement un grand nombre de gens ont spontanément fait confiance à la science, voyant dans le vaccin un outil essentiel de lutte à la COVID. Des plus inquiets ont, semble-t-il, aussi opté pour le vaccin.

Les parents de jeunes enfants répondent bien à l’effort collectif d’immunisation en faisant vacciner les leurs. Ils savent fort bien que le virus, qui circule particulièrement bien dans les écoles de la région, affecte familles et entourage des élèves quand il frappe. Il les touche alors dans leur santé, mais aussi dans leur organisation du quotidien familial et de loisirs et complique leur conciliation travail-famille.

Mais des gens hésitent toujours. Bien sûr, leurs inquiétudes sont légitimes : le vaccin est jeune. Pourrait-il avoir des effets secondaires à moyen et long terme, se demandent-ils.

Toutefois, on sait que le virus porte aussi ses effets possibles à court, moyen voire long terme. Que plus il circulera, plus s’ajouteront des variants dont on ne sait si on saura s’en défendre. Je crois que le seul moyen de diminuer les risques courus actuels est d’être vacciné.

Il est de la responsabilité de chacun de choisir de rejoindre ceux qui font la guerre au virus en présentant leur bras aux vaccinateurs. En prenant exemple de tous ceux des générations passées qui ont accepté, pour lutter contre la varicelle ou la tuberculose, la polio ou la rougeole, de se faire piquer, sans preuve de son efficacité et de ses effets secondaires. Dieu merci, ils ont ainsi contribué, sans le savoir, à éradiquer ou à amoindrir les séquelles de ces maladies si on en est affligé.

En observant ce qui se passe aux quatre coins du monde, on voit que la COVID se transmet vite et bien, se transformant au gré des vagues. Elle nécessitera, pour longtemps encore, prudence et gestes concrets de protection sanitaire.

Sachant très bien que personne ne pardonnera de voir mourir ou souffrir un proche à cause de l’insouciance, de la négligence, du déni ou du refus de limiter sa liberté d’un concitoyen, l’approche de Noël et des rencontres familiales et amicales qui l’entourent depuis des lunes doit nous inciter à faire ce qu’il faut pour prémunir tous ceux qui y participeront contre ce virus malvenant. L’aïeule que je deviens chaque jour davantage – comme probablement tous ceux de ma génération – ne voudrait surtout pas que ce soit ses dernières fêtes … pour cause de COVID!

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