4 janvier 2022
Relever la tête
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Tout est incertain actuellement, impossible de prévoir de quoi seront faits les prochains mois. Nous avons tous un peu le vertige devant ce qui arrive. La pandémie poursuit ses ravages. Pourtant la vie doit continuer et il est urgent de penser à ce que nous voudrons faire de l’après-pandémie.

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Dans cet univers d’individualisme que nous construisons depuis des décennies, le virus nous prouve par l’absurde combien nous sommes interdépendants. Si momentanément notre proximité a créé notre vulnérabilité, nous retrouvons en même temps des vertus au collectif, au « nous » pour répondre à la crise. La véritable résilience n’est pas celle qui nous amène à survivre à la journée, mais celle qui nous permettra, une fois cette catastrophe traversée, de trouver les moyens de recréer ensemble une société qui place l’humain au centre de ses préoccupations. Chacune et chacun d’entre nous aura un rôle à jouer. Nous ne pouvons pas redevenir simplement « comme avant » sans apprendre de tous ces drames pour améliorer les choses.

Dans une certaine mesure, peut-être avons-nous le sentiment d’être actuellement dépossédés de notre capacité d’agir, individuellement et collectivement. Cette impression de n’avoir de prise sur rien est tenace. Balayons ce sentiment, relevons la tête. Il sera dangereux de faire comme si rien ne s’était passé durant la pandémie.

Deux exemples me viennent à l’esprit très rapidement.

Le plus grand défi des prochaines années demeure celui des changements climatiques. S’il semble s’être caché derrière la pandémie qui l’éclipse, il exigera tant des engagements personnels de chacune et chacun d’entre nous que des décisions de nos gouvernants et des entreprises, ici comme ailleurs. Je sais très bien que je n’ai rien ajouté de bien concret en écrivant ce qui précède. Pourrions-nous commencer par créer un groupe de travail à la MRC qui aurait le mandat de faire des propositions pour notre territoire? D’autres régions y travaillent déjà et cherchent des solutions pour non seulement s’adapter à ces changements, mais aussi pour en diminuer les impacts. C’est une urgence, ce sera un test pour le leadership de la région.

Au Québec, nous avons accepté de répondre au défi que représentait le choix de mourir dans la dignité. Nous faisons preuve collectivement d’une grande maturité à cet égard. Le drame des CHSLD a cependant mis en lumière un autre défi, celui de vieillir dans la dignité. Il faudra réfléchir et agir pour revoir nos responsabilités individuelles et collectives dans l’accompagnement des personnes dans les dernières années de leur vie. Le système actuel, malgré les efforts constants et louables du personnel soignant, ne répond pas à cet objectif. Évitons simplement de chercher des coupables et identifions plutôt des solutions. Elle sera là, notre maturité. Exigeons des partis politiques qui solliciteront notre appui lors des élections québécoises d’octobre prochain qu’ils nous partagent leurs engagements, leur vision à ce sujet.

Je me permets d’espérer que la région se donnera un plan pour accompagner la sortie de la pandémie. Quelles actions pour les populations plus vulnérables? Pour continuer à favoriser l’achat local? Pour restructurer notre développement économique et social? Pour éviter d’être trop handicapé par la pénurie de main-d’œuvre?

 

Pour se réchauffer l’âme

La Maison de la Musique a reçu le pianiste Maxim Bernard en concert le 5 décembre dernier. Au programme, ce petit bijou d’Impromptu numéro 3 en sol bémol majeur de Schubert. Comme on dit pour le vin qu’il a des arômes de chocolat ou de cerises, je dirais que cet Impromptu contient des pointes d’Ave Maria. Cinq minutes qui font du bien. C’est ma façon de vous souhaiter la Bonne Année.

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