29 novembre 2022
Remettre sur la bonne voie
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Après son élection, Patrick Péloquin a dû sentir tout un poids sur ses épaules. Répondre à toutes les attentes qu’il a soulevées au cours de sa campagne électorale sera lourd mais prometteur.

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Car il est perçu comme un leader depuis le jour où il a mené le conseil à réitérer sa confiance au greffier René Chevalier et voté sa réintégration dans ses fonctions. Reste à voir comment il l’incarnera dans les dossiers municipaux et régionaux.

Déjà il doit atténuer les tensions avec les cols bleus de la Ville dont une signature de convention tarde à venir. Et voir aussi comment il ralliera son collègue Jocelyn Mondou qui, fidèle supporteur de l’ex-maire Péloquin, est le seul conseiller à ne pas avoir appuyé sa candidature à la mairie.

Quant à la MRC, bravo à Martin Lajeunesse qui, dans les mois de son intérim, a su retisser des liens, insuffler l’idée que Sorel-Tracy sera un partenaire actif de la vie régionale, fiable et déterminée à jouer son rôle de ville-centre, respectueuse de ses pairs. Reste à M. Péloquin à livrer la marchandise!

Cela exige de lui une transparence de tous les instants. On connait son éthique. En espérant qu’il assume son mandat avec autant d’honnêteté intellectuelle qu’il l’a fait jusqu’ici. Ses décisions devront être cohérentes avec ses engagements électoraux. Sans flou. Empreintes d’intégrité, sans apparence de conflit d’intérêt. Voilà une des leçons à tirer de la gouverne belliqueuse de Serge Péloquin qui a compliqué les rapports de la Ville avec ses partenaires, nuisant grandement au progrès de la Ville et entachant la fierté de ses citoyens. Ce pourquoi une majorité d’électeurs ont même ignoré son appel à voter Jean Cournoyer, refusant cette approche de gens d’affaires désirant mener la ville comme si elle était une entreprise privée. Ce qu’elle n’est surtout pas.

Une ville est une organisation publique qui doit composer avec des employés, des partenaires et des citoyens, et dispenser des services qui répondent à leurs besoins, tout en remplissant les responsabilités que les lois lui confèrent.

Contrairement au secteur privé, maitre de ses décisions, les élus doivent fournir une reddition serrée de comptes, mais aussi mener une consultation systématique et continue de tous, avant l’adoption de projets. Car si les élus sont payés pour prendre des décisions, la participation citoyenne constitue un élargissement bienvenu de la démocratie représentative. D’autant qu’une ville n’appartient pas aux élus et fonctionnaires, mais à l’ensemble des citoyens. Il est donc normal qu’elle soit à leur image et respecte leur volonté.

Autre priorité : assurer un développement durable de la Ville. Le prochain budget sera révélateur à cet égard d’autant qu’on connaît le plan triennal 2023-24-25 et ses importantes immobilisations de 107 M$ qui seront certes affectées par l’inflation galopante.

D’où l’importance à accorder au développement économique et social. Qu’il soit cependant durable, donc respectueux de l’environnement. Ce qui impliquera des choix importants en matière d’habitation, de construction domiciliaire et commerciale, de culture et sports. Le nouveau maire, comme plusieurs de sa génération, a pris cet engagement ferme et il devra cerner comment y arriver harmonieusement en ralliant tous ceux que la question concerne. Mais cela ne se fera pas sans discussions!

Oui, Patrick Péloquin n’a pas à réinventer la roue, mais se doit de la remettre sur la voie d’un meilleur avenir.

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