16 août 2022
Renouer avec la vie
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Le Québec a une belle relation avec l’été. Un moment pour des vacances, pour diminuer le rythme effréné de nos vies, pour reprendre notre souffle et pour profiter de la douceur de températures plus clémentes, la période estivale a toujours été particulière, différente du reste de l’année.

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Profiter, dehors, des belles longues soirées avant que le soir tombe, apprécier la beauté d’une nature foisonnante et colorée, voir pousser ses légumes ou ses fleurs. Avoir envie de calme et de sérénité.

C’est un moment pour se rassembler, pour voir du monde, pour vivre plus intensément avec des gens, familles et amis, qu’il fait plaisir de retrouver et avec lesquels on a envie de passer du temps de qualité. On se donne des nouvelles, on partage ce qui nous a échappé. Au Québec, nous nous sommes habitués à l’été et nous tenions pour acquis que c’était immuable. L’été, nous ne sommes pas tout à fait les mêmes personnes.

Pourtant, marquées par la pandémie et ses effets, les deux dernières années nous ont volé ces moments si importants. Suis-je le seul à avoir le sentiment que cette année, notre été, avec tout ce qu’il signifie, nous a été redonné? La pandémie n’est pas disparue, loin de là. Toutes les semaines on apprend que des gens autour de nous sont atteints par la COVID, mais il semble bien que nous ayons trouvé le moyen de nous accommoder de la situation. Peut-être, enfin, avons-nous traversé une nouvelle étape dans ce cycle pandémique qui n’en finit plus.

Loin les uns des autres au cours des deux dernières années, cet été nous nous sommes tout à coup rapprochés. Nous avons retrouvé les sourires, les fous rires, les longues conversations. En personne, sans écran interposé. Nous avons tout à coup trouvé le moyen de redécouvrir l’importance des liens tissés au fil des ans avec tous ces gens qui sont importants pour nous. Nous nous sommes revus, nous nous sommes redécouverts.

Avec une certaine surprise, en ce qui me concerne. J’avais oublié.

Nous n’avons pas tous vécu de la même façon les deux premières années de la pandémie. Ce fut certainement difficile pour plusieurs, c’est indéniable, il faut le reconnaître et en tenir compte. Mais on en est venu à se créer une certaine normalité, éloignée de ce qu’était notre vie avant mars 2020, à l’accepter et à vivre avec elle. Si on en doutait, maintenant on le sait, on est fait fort!

Retrouver l’effervescence de l’été, les rencontres, les échanges, même les rassemblements, appréciant chaque moment tout en constatant combien tout cela nous a manqué. Je suis convaincu que les milliers de personnes qui ont accueilli avec enthousiasme Les Cowboys Fringants au Gib Fest, pour ne prendre que cet exemple, ont vécu quelque chose de précieux au-delà du spectacle qui leur était offert. Vivre un moment fort ensemble, des milliers à la fois.

Globalement, les choses ne vont pas très bien sur la planète. Mais l’été, on n’a pas envie d’en entendre parler. Particulièrement cette année. Nous faisons une pause. Nous en profitons, ne boudons pas notre plaisir. L’été n’est pas terminé. Faisons-le durer le plus longtemps possible.

On parlera de politique une autre fois. Ça nous rattrapera bien assez vite.

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