29 novembre 2022
Répondre aux besoins des personnes itinérantes
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

Depuis plusieurs années, le phénomène de l’itinérance s’est déplacé à l’extérieur de Montréal. La présence tout près de nous de personnes itinérantes nous choque et nous émeut. Normal que nous soyons choqués, car c’est un constat d’échec pour une société riche. Normal que nous soyons émus, c’est une question d’humanité.

Publicité
Activer le son

Dans la région, l’itinérance est depuis plus de 15 ans une préoccupation des organismes communautaires et des services sociaux. En fait, ce serait plus juste d’écrire que ce sont les personnes itinérantes elles-mêmes qui sont le sujet de la préoccupation des responsables de ces organismes et de leurs équipes. Une région comme la nôtre doit être en mesure d’offrir des services répondant à leurs besoins dans le respect de ce qu’elles vivent, alors que ce sont des situations complexes et difficiles à cerner.

Dans une entrevue accordée au journal Les 2 Rives, Marie-Josée Averill, de la Porte du Passant, présente bien la situation telle qu’elle est vécue à Sorel-Tracy. Elle explique et dénonce la difficulté que constitue le manque de fonds, ne serait-ce que pour offrir de l’hébergement d’urgence chaque nuit, particulièrement important en hiver. Grâce à la Ville et au député, l’expertise de l’équipe de la Porte du Passant est reconnue, même si c’est temporaire pour l’instant.

En octobre dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux a publié un nouveau « Portrait de l’itinérance » afin de nous aider à augmenter nos connaissances sur le phénomène et à identifier les priorités d’actions pour répondre aux besoins bien particuliers de ces personnes.

Ces dernières sont souvent en perte d’autonomie et la vie dans la rue engendre de graves conséquences sur la santé physique et sur la santé mentale. Les études démontrent que ces personnes ont une espérance de vie de 10 à 20 ans moindre que la population en général. Alors que l’itinérance alimente la stigmatisation et la marginalisation, ce qui se comprend, le défi des intervenants qui cherchent à les accompagner est de créer un lien de confiance avec ces personnes qui ont rompu leurs liens sociaux peut-être parce qu’au départ marginaux, au sens de vivant à la marge de notre société.

Au-delà de l’hébergement offert, essentiel, le contact humain offert par l’équipe de la Porte du Passant n’a pas de prix. Les efforts des membres de cette équipe constituent une occasion de créer cet espace de confiance qui peut amener les personnes itinérantes à profiter éventuellement d’autres services et, si elles le souhaitent, de s’éloigner de la rue. C’est une des forces du milieu communautaire de se partager les responsabilités en créant les ponts nécessaires d’un service à l’autre.

Dans la population en général, la réalité de la pauvreté est vécue avec acuité ici comme ailleurs. Pour plusieurs d’entre nous, il s’agit d’une réalité un peu abstraite, car nous ne sommes pas tous les jours en contact direct avec les personnes qui la vivent; bien que ce ne soit pas le cas, évidemment, du personnel des services sociaux, de celui des écoles ou des organismes communautaires, confronté tous les jours à cette réalité.

Cependant la présence d’itinérants dans nos milieux de vie, plus visible maintenant, est plus frappante. Il faut savoir prévenir les parcours qui mènent à l’itinérance et accompagner les personnes qui s’y trouvent en renforçant la capacité d’agir des organismes qui y travaillent. Ces organismes méritent notre appui et surtout celui du gouvernement du Québec. Sur une base permanente.

image