18 janvier 2023
Une de ses victimes encore traumatisée plus de trois ans après les faits
Six mois de prison pour avoir photographié des poitrines de femmes à leur insu
Par: Jean-Philippe Morin

L’homme d’affaires Jean-Sébastien Leblanc a photographié des poitrines de plusieurs femmes à leur insu, ce qui lui vaut une peine de six mois de prison. Photo tirée de Facebook

Un homme de 47 ans passera les six prochains mois en prison pour avoir photographié la poitrine de plusieurs femmes à leur insu. Une des victimes de Jean-Sébastien Leblanc, un résident de Saint-Roch-de-Richelieu au moment des faits, se dit encore sous le choc près de trois ans après les événements impliquant son ancien patron et homme d’affaires qui était président d’une importante entreprise de bureautique à Longueuil.

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« J’ai encore de la misère à sortir de chez moi depuis ce temps. Je suis encore en thérapie et j’ai de la misère à faire confiance aux gens, surtout ceux qui tiennent un cellulaire constamment dans leurs mains. Je mets toujours des t-shirts lousses et si je porte des shorts, elles sont longues. Ça m’a vraiment affectée », raconte une de ses victimes, sous le couvert de l’anonymat. Elle a été rencontrée par les enquêteurs en 2019, au moment de l’arrestation de Jean-Sébastien Leblanc, alors président de Groupe Nic Leblanc, qui est ensuite devenu Bureautique GNL Technologies.

Jean-Sébastien Leblanc avait déjà plaidé coupable à un chef d’accusation de voyeurisme envers plusieurs femmes, dont une mineure, ainsi qu’à un bris de probation puisqu’il était entré en contact avec l’une d’elles après avoir été accusé.

Le même modus operandi

Selon l’acte d’accusation, les gestes reprochés se sont déroulés de mars 2016 à août 2019, au moment de son arrestation.

Aux dires d’une victime, Jean-Sébastien Leblanc, qui était son patron, était très subtil. « Quand il était debout à côté de nous, il tenait toujours son téléphone dans ses mains. Personne n’y voyait rien d’anormal », aborde-t-elle.

Lorsque l’enquêtrice lui a montré sa photo parmi plusieurs autres au dossier, elle a remarqué d’autres photos de poitrines de femmes à la plage, à la station-service, à l’arrêt d’autobus ou au travail. « Il en prenait vraiment partout. On est plusieurs collègues de travail à avoir subi le même sort », regrette-t-elle.

L’homme est fort connu dans la région de Longueuil parmi les gens d’affaires. Il est le fils de Nic Leblanc, aussi homme d’affaires mais surtout ex-député fédéral de Longueuil de 1984 à 1997 pour d’abord le Parti progressiste-conservateur du Canada, puis le Bloc québécois.

« Ne recommencez pas »

Le 9 janvier dernier, au palais de justice de Sorel-Tracy, Jean-Sébastien Leblanc a écopé, en plus de sa peine de six mois de prison, d’une sentence suspendue assortie d’une probation de deux ans pour des voies de fait envers une femme, qu’on ne peut identifier. Un interdit de contact envers cette victime et une personne d’âge mineur a également été prononcé par la juge Louise Leduc. Les autres chefs d’accusation auxquels il faisait face, comme ceux de possession, de production de pornographie juvénile et d’agression sexuelle, ont été abandonnés.

Comme il s’agissait d’une suggestion commune entre les avocates de la Couronne et de la défense, la juge Leduc l’a acceptée, mais elle ne semblait pas le faire de gaieté de cœur. « Je ne commenterai pas [la suggestion de six mois], mais ne recommencez pas. Si vous aviez été déclaré coupable [plutôt que de plaider coupable], la peine aurait pu être beaucoup plus sévère », lui a-t-elle adressé.

De son côté, la victime s’est dite satisfaite de la sentence, mais avait tout de même des réserves. « Je suis contente qu’il soit puni et qu’il aille en prison, mais j’aurais aimé que la peine soit plus sévère et que les chefs de pornographie juvénile soient considérés », conclut-elle.

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