8 avril 2021
Transmettre sa passion pour inciter les jeunes à se lancer en agriculture
Par: Katy Desrosiers

Pierre Péloquin accueille des stagiaires sur sa ferme afin de leur faire découvrir la production laitière ovine. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La Ferme du Chien Blanc à Sainte-Anne-de-Sorel est également le Centre Incubateur Agricole Ovin de Richelieu. Pierre Péloquin, qui possède un troupeau de brebis laitières depuis une dizaine d’années, transmet sa passion et accompagne des stagiaires de partout qui désirent découvrir le milieu ovin.

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Les premières années de production de Pierre Péloquin n’ont pas été de tout repos. Le producteur, la Société d’Agriculture de Richelieu et le commissaire agricole Alain Beaudin ont dû redoubler d’efforts afin que l’entreprise fasse sa place dans ce milieu encore nouveau (lire texte en page 25).

C’est après trois ans que le propriétaire a commencé à recevoir des stagiaires.

« On n’est pas partis en fous, en disant « On va embarquer du monde. Venez dans la misère avec nous! » », rigole le producteur.

L’objectif de départ est d’inciter les jeunes à se lancer dans la production laitière ovine dans la région, afin de faire revivre des fermes à l’abandon.

Alain Beaudin a déjà contacté des propriétaires agricoles afin de vérifier s’ils sont prêts à louer leurs installations à un jeune qui souhaiterait y tenir un nouveau projet. Les réponses sont positives.

« J’aime l’agriculture et je suis tanné de voir des granges à l’abandon, souligne Pierre Péloquin. Je ne pousserais pas les jeunes à investir temps et argent si ça ne marchait pas. La demande est là, il n’y a pas de quotas et les ententes sont quand même bonnes. On a des transformateurs humains. On s’assoit et on parle à cœur ouvert. »

Aussi, comme il a plusieurs contacts, M. Péloquin peut mettre en relation les jeunes qui se lancent dans le milieu laitier ovin avec les transformateurs.

Des connaissances qui dépassent le milieu ovin

La durée des stages varie d’un jeune à l’autre, tout dépendant si le stage est réalisé pour des motifs personnels ou dans le cadre d’un cours. Ils peuvent aller jusqu’à plusieurs semaines.

Lorsque les jeunes arrivent, M. Péloquin leur montre les rudiments comme la traite. Il s’adapte aussi à ce qu’ils veulent savoir.

Félix, un des stagiaires, était vraiment déterminé à se lancer dans la production laitière ovine. Il posait des questions plus approfondies sur les conditions idéales pour récolter le lait, les composantes du lait, etc. Aujourd’hui, le jeune homme, avec sa conjointe, exploite une ferme laitière ovine en Estrie.

Émilie-Rose, une autre stagiaire qui vient juste de terminer son séjour, étudie au Centre de formation agricole de Mirabel. La jeune femme de 21 ans s’intéressait davantage au volet agronomie et souhaitait en apprendre plus sur différents types de production, dont la production laitière ovine. Ses questionnements étaient plus axés sur l’alimentation des brebis.

Ainsi, les jeunes qui passent par la ferme démarrent toutes sortes de projets. Par exemple, il y a plusieurs années, Pierre Péloquin a reçu Alexandra, une jeune femme qui voulait se lancer en agriculture. Après un séjour à Sainte-Anne-de-Sorel, elle s’est aperçue qu’elle était davantage intéressée par la culture maraîchère. Après discussions, Pierre Péloquin lui a prêté une parcelle de terre avec laquelle elle a pu créer Les jardins d’Alexandra, une entreprise qu’elle a opérée pendant six ans. Elle a même remporté des prix pour son projet.

« Idéalement, ce serait dans le monde du mouton qu’il faudrait que ça parte, mais on dirige les gens du mieux qu’on peut dans ce qu’ils aiment et on essaie de les backer au travers ça. J’aimerais que la région demeure agricole à un certain pourcentage », explique M. Péloquin.

Un autre exemple est Marie-Ève de Sainte-Victoire-de-Sorel qui œuvre dans le veau avec son père. Bien qu’après son stage elle ait finalement préféré ne pas se lancer dans le mouton, elle et Pierre Péloquin gardent contact. Elle vient même l’aider parfois pour le contrôle laitier.

« Ce sont des jeunes qui sont venus ici, à qui j’ai montré le peu de savoir que j’ai avec beaucoup d’amour et de fierté », mentionne humblement M. Péloquin.

 

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