27 octobre 2021
En cherchant des épaves dans le fleuve
Un enseignant et ses élèves font renaître une histoire d’écrasement d’avions militaires
Par: Katy Desrosiers

Une partie de l’avion du lieutenant de section Robert Leaper a été retrouvée quelques mois après l’accident. Photo gracieuseté

L’enseignant Jean-Marc Perreault (sur le toit du bateau) et les élèves participant au projet l’an dernier. Photo gracieuseté

Une cérémonie commémorative pour souligner l’écrasement de deux avions de l’Armée canadienne dans le fleuve Saint-Laurent en 1951 se tiendra le samedi 30 octobre, au parc Maisouna. Alors que l’histoire était passablement tombée dans l’oubli, un enseignant et ses élèves l’ont fait remonter à la surface en recherchant des épaves dans le fleuve.

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En 1951, le chef d’escadrille Guy Hackett et le lieutenant de section Robert Leaper ont perdu la vie lorsque leurs avions à réaction Vampire se sont écrasés dans le fleuve près d’où se trouve aujourd’hui le parc Maisouna. Les deux pilotes faisaient partie de l’escadrille de chasse 438. Le pilote Robert Leaper a été retrouvé deux mois plus tard et une partie de son avion a été sortie de l’eau. Toutefois, l’avion du pilote Guy Hackett n’a jamais été remonté et son corps n’a jamais été retrouvé.

L’enseignant en sciences à l’École secondaire de la Rive à Lavaltrie, Jean-Marc Perreault, est passionné de plongée sous-marine. Il y a trois ans, il a lancé un projet de recherche d’épaves dans le fleuve avec des élèves. L’équipe se déplace en bateau de pêcheur avec un sonar. Après avoir trouvé une, puis deux épaves dans les environs de Sorel-Tracy, M. Perreault a souhaité trouver autre chose. Il a appris la découverte d’un avion de type Cessna dans les environs de Saint-Sulpice il y a 15 ans. Il s’est dit qu’avec les sonars actuels, il serait peut-être possible de faire une découverte semblable. Il a réalisé quelques recherches et a découvert l’écrasement des deux avions militaires à la hauteur de Sorel-Tracy. Maintenant, l’équipe est près d’avoir trouvé l’emplacement exact de l’avion restant.

« Je suis tellement content d’avoir ramené cette histoire-là! », lance M. Perreault.

Le 30 octobre, à compter de 14 h, une cérémonie commémorative se tiendra au parc Maisouna avec l’Aviation royale canadienne et des membres de l’escadron 438, qui est aujourd’hui un escadron d’hélicoptères.

Le fils du pilote jamais retrouvé, aujourd’hui âgé de 74 ans, sera parmi les invités, tout comme un témoin de l’événement. Des surprises aériennes pourraient s’ajouter et la population y est conviée.

Pour la suite des choses, M. Perreault espère que le bateau de Parcs Canada, qui passe dans le secteur à tous les étés, puisse utiliser son détecteur de métaux pour cibler l’emplacement exact de l’avion restant, ainsi que les deux moteurs, les cockpits et des canons qui n’ont pas été retrouvés.

Transmettre sa passion aux élèves

Pour une troisième année, une dizaine d’élèves participent au projet. La compagnie Raymarine leur a fourni gracieusement un nouveau sonar plus performant et de l’équipement. Ils ont aussi reçu l’aide financière de la députée Caroline Proulx et d’autres fondations et organisations.

« Ça fait découvrir le fleuve aux jeunes parce que très peu y vont. Il y en a qui n’ont jamais fait un tour de bateau avant de venir avec moi. […] C’est de connaître la géographie du fleuve, de voir les berges. Et trouver des épaves, c’était un peu scientifique avec le sonar. C’est de l’analyse d’images », mentionne Jean-Marc Perreault.

L’enseignant avoue qu’il n’a jamais été difficile d’intéresser les jeunes à son projet. Même que certains ont participé à plusieurs sorties.

« Ceux qui tripent le plus, souvent, c’est ceux qui ont un TSA [Trouble du spectre de l’autisme]. Tout ce qui est écrans, découvertes, ça les intéresse beaucoup. Ce sont des élèves que quand ils t’aiment, ils te parlent beaucoup et s’intéressent à un paquet d’affaires. Mais au niveau social, c’est moins fort. Je me suis dit que sur le bateau, ils allaient peut-être se retrouver ensemble et se reconnaître par la suite dans l’école », raconte M. Perreault.

Encore plein d’épaves restent à découvrir dans le secteur, avoue l’enseignant. Il est possible de suivre le projet sur la page Facebook La Petite Calypso.

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