15 mars 2022
Un grand pas!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Quelle nouvelle réjouissante que la réintégration de Sorel-Tracy à la politique culturelle régionale! Une décision qui a tardé à venir. Mais une décision qui augure bien pour l’avenir.

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Car les élus sont arrivés à un consensus. Sans aliénation d’autonomie pour personne. Donc c’était possible! Reste à éviter à l’avenir les écueils d’une approche unilatérale dans tous les dossiers régionaux. Ainsi, tout est dans la façon de faire et de dire et dans les raisons qui justifient l’aménagement de nouveaux accords.

Chose certaine, les élus ont eu le temps d’y penser et su passer outre à leur égo pour trouver des conditions d’application qui mettaient fin à cet épisode malheureux de l’histoire politique régionale.

Il faut aussi applaudir que le conseil municipal sorelois ait joué un rôle essentiel dans ce règlement – on ne peut en conclure autrement – puisqu’il devait accepter que la ville-centre y contribue financièrement. Une sage décision qui ne peut qu’enrichir nos relations régionales, notre vie collective.

La pandémie et moi

La pandémie a deux ans. Elle a bousculé nos vies nous forçant à revoir nos façons de vivre, de travailler, d’entrer en relation avec les autres.

Quant à moi, pour la première fois, je me suis fait dire que j’étais vieille, plus à risque. Je le savais déjà que ma santé était chancelante et que je devais une certaine qualité de vie restante à diverses compagnies pharmaceutiques. Mais de là à me sentir ou dire vieille, voilà un pas que je n’avais pas encore franchi. Mon corps avait un âge certain, ma tête et mon cœur un autre. Aujourd’hui, ils ont le même. Celui du corps.

Malgré tout, la vieillesse n’est pas pour moi, comme Simone de Beauvoir la qualifiait, un naufrage. Dernier droit de la vie, l’âge commande ce processus inévitable qu’on doit apprivoiser. La pandémie m’a permis de le faire. Côtoyer la maladie et la mort permet de se situer face à elles, de ne plus les craindre, mais de ponctuer chaque jour qui passe d’éléments qui énergisent vraiment.

Car vieillir ne m’empêche surtout pas de vivre pleinement. Au contraire. Ma vision de la vie s’est élargie. Il me semble que je comprends mieux les gens, les situations. Je peux mieux décoder les événements et décisions.

Oui la pandémie m’a imposé de me tenir loin des autres, mais en même temps m’a rapprochée d’eux, aidée en cela par une technologie – merci Facetime et Zoom – qui n’a pas failli, elle.

Voilà aussi une période où je me suis nourrie à diverses expressions artistiques – littérature, cinéma, télé, musique, danse, théâtre, etc – souvent grâce au Web. Des lieux qui ont continué à m’ancrer intellectuellement, émotivement. Parce que leurs créateurs m’ont mis en contact étroit avec la beauté. Ils ont su m’amener ailleurs. Leur créativité a éveillé la mienne et m’a permis d’encore mieux prendre conscience du monde, de qui je suis et comment l’exprimer.

Enfin la pandémie m’a aussi permis de découvrir qu’au fond, je ne suis pas aussi sociable que je le croyais. Une certaine solitude me convient fort bien. Et je ne sais encore comment elle affectera mes futurs rapports avec les autres ou mes va-et-vient. Paradoxalement, elle m’a rapproché des miens et d’amis déjà précieux.

Ainsi me voilà plus apte, je crois, à côtoyer l’incertitude!

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