7 décembre 2021
Un bâtiment désaffecté du centre-ville détruit par les flammes le 2 décembre
Un incendie prévisible, selon une voisine
Par: Alexandre Brouillard

Les nombreux pompiers ont travaillé d’arrache-pied pour éteindre l’incendie qui a ravagé le 65, rue de la Reine, le jeudi 2 décembre. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Une résidente de la rue de la Reine, Suzanne Bréard, n’a pas été surprise qu’un feu éclate au 65, rue de la Reine, à Sorel-Tracy, jeudi dernier. Selon elle, l’état de décrépitude avancé du bâtiment laissait présager l’incendie, si bien que plusieurs plaintes avaient été déposées à la Ville de Sorel-Tracy pour prendre la situation en main.

Publicité
Activer le son

L’incendie s’est déclaré peu après 4 h 30, le jeudi 2 décembre, dans le bâtiment désaffecté qui n’était pas connecté au service d’électricité. Une quarantaine de pompiers ont été dépêchés sur place pour combattre le feu. Un combat qui a duré plusieurs heures avec l’aide de quelques municipalités voisines qui avaient été appelées en renforts.

Pour Suzanne Bréard, résidente de l’immeuble voisin, l’incendie était prévisible. « Le bâtiment est laissé à l’abandon depuis longtemps. Il est en mauvais état avec des fenêtres et des portes souvent ouvertes. J’ai même l’impression que des squatteurs s’y rendaient », indique-t-elle.

Depuis quelques mois déjà, l’état du bâtiment préoccupait plusieurs résidents de la rue de la Reine. Mme Bréard indique même que quatre personnes avaient avisé le conseiller du Vieux-Sorel, Jocelyn Mondou, du risque que représentait l’immeuble vacant. « C’était dangereux pour le feu, les nombreux matériaux qui trainaient et les antennes paraboliques qui risquaient de se détacher et de causer des dommages. M. Mondou a reçu les plaintes et a fourni des numéros de suivi », explique-t-elle, en assurant que le conseiller était à l’écoute des résidents.

De son côté, Jocelyn Mondou admet avoir reçu et traité les plaintes. « Je me suis même rendu sur place pour constater l’état du bâtiment. J’ai vu que les plaintes étaient fondées. Je les avais alors acheminées au Service de l’urbanisme de la Ville », détaille-t-il.

Alors que Mme Bréard assure avoir vu, à plusieurs reprises, de la lumière et de l’activité dans ce bâtiment, le conseiller n’avait jamais entendu dire que des squatteurs pouvaient occuper ce bâtiment. « C’est sûr qu’un bâtiment de la sorte, ça attire les squatteurs, mais je n’en ai jamais entendu parler », admet-il.

M. Mondou avait aussi parlé au Service de l’urbanisme, en août dernier, pour qu’il demande au propriétaire du 65, rue de la Reine de mieux barricader ses portes et ses fenêtres.

À qui revient la faute?

Sachant que M. Mondou a bien transmis les plaintes au Service d’urbanisme de la Ville, Mme Bréard se demande pourquoi le problème n’a pas été réglé. « Ce serait donc la Ville ou quelqu’un qui travaille à la Ville qui a failli à sa tâche », avance-t-elle.

« Cet incendie et ses répercussions étaient prévisibles et nos plaintes justifiées auraient dû inciter la Ville à prendre immédiatement les mesures qui s’imposaient à l’égard du propriétaire de l’immeuble incendié », ajoute-t-elle.

Toutefois, le conseiller n’est pas prêt à jeter le blâme sur le service de l’urbanisme. « Ils avaient pris le dossier en main. J’ai fait ce que j’avais à faire et selon moi, eux aussi », déclare-t-il.

Immédiatement après l’incendie, deux personnes de l’immeuble voisin à celui détruit par les flammes ont été prises en charge par la Croix-Rouge canadienne. Selon la porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Valérie Beauchamp, l’incendie est considéré comme criminel. Pour l’instant, aucune arrestation n’a eu lieu, mais l’enquête se poursuit.

À lire aussi:
Le bâtiment ne représentait pas un danger, selon la Ville de Sorel-Tracy

image