17 mai 2022
Un point s’impose
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Décidément, la région traverse une période hésitante de son histoire. Sa gouvernance politique et économique est fragile.

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Alors qu’on ne sait encore ce que réserve l’avenir au maire de sa ville-centre, voilà que son organisme de développement économique – Développement économique Pierre-De Saurel (DÉPS) – doit composer avec les départs successifs de son président, fin mars, et de sa directrice générale début mai. Huit mois après son arrivée. Le premier a évoqué des raisons professionnelles et personnelles. Un communiqué laconique n’a pas précisé si le départ de la seconde en est un volontaire ou obligé.

D’ailleurs depuis sa naissance, DÉPS a été fort discret sur ses activités. Bien sûr, on peut évoquer la pandémie. Cette dernière a le dos large. Mais il serait notamment intéressant de savoir où on en est dans la revitalisation d’un plan solide et réaliste de développement régional durable. Une mesure que l’on jugeait pourtant essentielle et qui a présidé à sa fondation. La pandémie n’a quand même pas entravé le travail de réflexion et de partage d’idées à cet égard!

Car DÉPS – qui a succédé au CLD en novembre 2020 – portait l’espoir d’une revitalisation mieux réussie et surtout un souci affirmé de concertation des forces vives du milieu. On le voulait guichet unique d’accompagnement des entrepreneurs. Ce qui fut fait. Un financement adéquat a été levé, la dépolitisation des dossiers amorcée.

Jusqu’à maintenant, sa page LinkedIn parle de deux dossiers concrétisés : une aide accordée de 100 000 $ en janvier dernier à Nuances MJ, qui fabrique des joints préroulés dans l’ancienne prison de Sorel-Tracy. Et l’implantation à Sorel-Tracy, grâce à une contribution de 540 325 $ de Québec, de Technologies Boralife qui offre des solutions pour protéger le bois des insectes, des moisissures et du feu.

C’est du moins les activités que DÉPS souligne sur sa page LinkedIn suivie par 139 personnes. Un résultat modeste après 18 mois d’opération. Est-ce tout? Le député Jean-Bernard Émond, qui avait annoncé avec fierté la naissance de l’organisme, en est-il satisfait? Croit-il qu’il dessert bien la région, ses entrepreneurs? Répond-il aux attentes de tous les intervenants qui avaient pris la peine de déposer une quarantaine de mémoires avant la tenue d’une consultation qu’il avait convoquée en août 2020 sur leur vision de la région? Rappelons aussi que tous ces participants avaient applaudi son initiative souhaitant des suites et retombées positives. Pas seulement des mots, mais des réalisations porteuses. La région en a-t-elle pour son argent – 1,3 M$ investis dans ce dossier dont 300 000 $ par la MRC?

Bien sûr, un démarrage peut prendre un certain temps. Tant en entreprise que pour un organisme. Il demande ajustement et exige une profonde connaissance du milieu, de son potentiel. Mais il y a pratiquement 30 ans que l’on attend cette éclaircie, que l’on parle sporadiquement des meilleures façons de le faire. Les conjonctures changent, mais le besoin reste le même – pouvoir vivre, voire travailler dans un milieu sain au développement durable, aux services adéquats et abordables. Parfois, la patience a ses limites. On a besoin de connaître où on en est et vers où on va. DÉPS est un organisme fédérateur qui devrait nous éclairer en ce sens. Un point s’impose d’une part par l’organisme. D’autre part par le député, son instigateur. Et ce, avant l’été, sinon avant l’élection d’octobre prochain!

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