6 avril 2022
Un Sorelois nommé chef de mission pour l’ONU en Afrique
Par: Jean-Philippe Morin

François Beaulne, en compagnie du président et vice-président du Sénat ainsi que du président et vice-président de la Chambre des représentants du Parlement du Liberia. Photo gracieuseté

François Beaulne, qui réside à Sorel-Tracy depuis une dizaine d’années, s’est rendu au Liberia, dans l’ouest de l’Afrique, comme chef de mission de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pendant près d’un mois.

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L’homme de 75 ans a reçu un appel du secrétaire général adjoint et responsable du bureau de prévention de crise des Nations unies pour se rendre au pied levé au Liberia afin de remettre sur pied les infrastructures parlementaires de ce pays. Le but était d’instaurer un parlement fonctionnel en prévision des élections qui auront lieu en janvier 2023.

C’est dans cette optique qu’il est parti du Québec le 12 février dernier avant d’y revenir vers le début du mois de mars. Il pourrait être appelé à y retourner à n’importe quel moment.

« Le parlement actuel est dysfonctionnel, explique François Beaulne, en entrevue. La première élection démocratique remonte à 2006 dans ce pays, après deux guerres civiles. Depuis ce temps, le parlement a fait du surplace, il y a eu de sérieux problèmes de corruption en plus de la crise de l’Ebola qui a paralysé le pays pendant deux ans et demi. On ajoute à ça de grands problèmes sociaux et économiques. »

La dernière élection remonte à 2017 dans ce pays.

Un mandat stimulant

François Beaulne, qui a été député du Parti Québécois de 1989 à 2003, se promène un peu partout dans le monde comme chef de mission de l’ONU depuis 2005 : Cambodge, Mozambique, Côte d’Ivoire, Burundi, Tunisie, îles Fidji, Guinée, Mauritanie, etc.

« Le peuple africain s’identifie beaucoup à nous. Nous ne sommes pas un peuple français colonisateur, nous avons un passé colonial. Ça les intrigue beaucoup que nous soyons un petit pays francophone avec toute sa base culturelle à la frontière des États-Unis, le plus gros pays anglo-saxon au monde. Ça suscite une curiosité et une complicité et c’est pourquoi les Nations unies me demandent d’aller dans ces pays en sortie de crise », explique-t-il.

La plupart du temps, comme au Liberia, le Sorelois se sert de son expérience parlementaire comme député à l’Assemblée nationale pour instaurer des pratiques dans les pays où il reçoit des mandats pour l’ONU.

« C’est non seulement stimulant comme défi, mais c’est gratifiant d’amener le système du Québec un peu partout. Les règles de procédure ou la structure des commissions parlementaires, par exemple, je m’inspire de l’Assemblée nationale du Québec pour implanter ces systèmes partout où je vais », souligne-t-il.

Des visées politiques

M. Beaulne ne s’en cache pas : il veut retourner à l’Assemblée nationale comme député. Il a déjà dévoilé ses intentions en novembre dernier aux membres du Parti Québécois de la circonscription de Richelieu : il compte se présenter à l’investiture pour devenir le candidat du PQ en vue des élections provinciales de cet automne.

Même s’il pourrait retourner au Liberia à tout moment, son mandat achève, si bien qu’il pourra se consacrer à la politique à son retour. « Je suis un peu l’architecte ou l’ingénieur chargé de mettre en place le système. Une fois les plans acceptés, une autre équipe des Nations unies prendra la relève. […] C’est très clair avec les Nations unies que je veux me présenter en politique cet automne. Le processus [électoral] est enclenché », conclut-il.

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