21 septembre 2022
Pionnière de la transformation de vanille au Canada
Une entrepreneure de Saint-Roch-de-Richelieu entre dans la cour des grands
Par: Katy Desrosiers

Chantale Caron a vu ses produits Colibri Vanille faire leur entrée chez IGA dans les derniers jours. Photo Les 2 Rives ©

Chantale Caron est la première à produire de l’extrait de vanille et de la pâte de vanille au Canada et pour s’approvisionner, elle a créé des liens de confiance avec des producteurs dans plusieurs pays. Maintenant, tout le Québec peut avoir accès à certains de ses produits Colibri Vanille en grande surface chez IGA.

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Chantale Caron a œuvré dans différents organismes de la région et a eu une ferme où elle produisait des œufs de canne. En 2012, avec son gîte et son petit restaurant, elle servait des produits comme des flancs, des crèmes brûlées et des pâtisseries, tous des plats où la vanille est nécessaire. En raison d’une pénurie d’extrait de vanille, sa fille, en voyage au Mexique, lui a ramené de la vanille sauvage. Ce fut un coup de foudre.

En 2019, elle s’est officiellement lancée dans la transformation. Avec les organismes Femmessor et Procomer, elle a obtenu un prêt pour démarrer son entreprise et réalisé son premier voyage au Costa Rica pour créer des liens d’affaires. Par la suite, elle a créé des ententes avec des communautés, entre autres au Mexique, à Madagascar, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

« L’entreprise me permet de mettre tous mes plaisirs, ce que j’aime faire, ensemble. Aussi, j’ai le sentiment de faire quelque chose qui fait un changement pour des gens sur la planète », souligne-t-elle.

Pour la militante altermondialiste, il est plus qu’important que les producteurs reçoivent un juste prix pour leur vanille, alors qu’avant, il recevaient un prix dérisoire des intermédiaires. Mme Caron leur donne le prix qu’elle paierait à un négociant local. Cette façon de faire assure également une qualité et une traçabilité aux clients.

« Quand j’ai commencé à acheter de la vanille au Mexique, j’ai eu beaucoup de difficulté à entrer en contact avec les producteurs. Beaucoup d’exploitants locaux ne veulent pas donner leurs sources, ils disent que c’est dangereux, mais finalement tu arrives et tu es accueilli à bras ouverts. J’ai mangé dans les familles, c’est tellement du monde sympathique », raconte-t-elle.

Le nom Colibri Vanille s’inspire en partie d’une légende qui veut que le colibri, malgré sa petite taille, a souhaité faire sa part lors d’un grand incendie en apportant un peu d’eau. Aussi, la vanille qui pousse en Amérique se nomme Colibri.

Une expansion à grande vitesse

La pandémie a apporté son lot de défis. Une pénurie d’alcool servant à la macération a poussé Mme Caron à créer la pâte de vanille. Ce produit est finalement celui qu’elle a vendu à grande échelle en premier. Aujourd’hui, des entreprises comme la Laiterie Chagnon n’utilisent que cette pâte. Iconoglace à Montréal en passe presque une demi tonne en un été. L’engouement pour l’achat local a assurément donné un coup de pouce alors que de grosses entreprises qui achetaient leur extrait à l’international ont décidé de se tourner vers le marché québécois. Également, d’entrer dans une chaîne de transformation lui a permis d’augmenter le rythme de production et son chiffre d’affaires.

Récemment, trois gammes d’extrait de vanille et la pâte de vanille de Mme Caron ont fait leur entrée dans les IGA de la province. Ses produits devraient aussi entrer graduellement chez Métro.

Ce nouveau contrat avec IGA assure aux producteurs une certaine stabilité. « Ça amène un volume, ils sont encore sans connaissance. Mais ils sont capables de le faire et ils vont tout vendre à un prix digne », soutient Mme Caron.

Déjà, l’espace commence à manquer aux installations de Saint-Roch-de-Richelieu pour la transformation. L’an prochain, Mme Caron aimerait s’installer dans une petite usine, toujours dans la région puisqu’elle et ses cinq employés y résident.

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